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	<description>Le cinéma de B à Z.</description>
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		<title>Meet the Feebles</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 18:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A l&#8217;occasion du dossier que l&#8217;on consacre ce mois-ci au genre bien à part du film de marionnettes, retour sur ce petit joyau culte irrévérencieux signé par un certain Peter Jackson. On ne vous apprendra pas que bien avant son incroyable carrière de nabab d&#8217;Hollywood, le néo-zélandais s&#8217;était d&#8217;abord fait...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>A l&#8217;occasion du dossier que l&#8217;on consacre ce mois-ci au genre bien à part du film de marionnettes, retour sur ce petit joyau culte irrévérencieux signé par un certain Peter Jackson. On ne vous apprendra pas que bien avant son incroyable carrière de nabab d&#8217;Hollywood, le néo-zélandais s&#8217;était d&#8217;abord fait un nom dans le cinéma de genre bien dégueulasse. Remarqué en 1987 où il termine son Bad Taste, Peter Jackson réalise deux années plus tard Meet The Feebles, une parodie trash des fameux Muppets. Retour sur ce film pas si (re)connu que ça.</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/feebles_hippo1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1791 aligncenter" title="feebles_hippo1" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/feebles_hippo1-300x213.jpg" alt="" width="300" height="213" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Kermit in the Sky with Diamonds</strong></h3>
<p>Peter Jackson fait partie de ces réalisateurs qui ont fait leurs premières armes sur des productions à micro-budget rattachées aux cinéma de genre. Détaché de toutes les contraintes du cinéma mainstream, des impératifs des grands studios, il a donc profité finalement du manque de moyens financiers, et de l’absence de production, pour jouir d&#8217;une liberté d&#8217;expression presque totale. Si <strong>Bad</strong> <strong>Taste</strong> en était déjà une bien belle illustration &#8211; un film de bricoleur, aussi inventif qu&#8217;il n&#8217;était outrancier et bête &#8211; le réalisateur transformera véritablement son essai en 1990 avec <strong>Braindead</strong>, son film culte, considéré par beaucoup comme le film gore par excellence. Mais entre temps, on oublie trop souvent que Peter Jackson a réalisé, dans les tréfonds d&#8217;une cave, ce <strong>Meet The Feebles</strong>, parodie assumée des <strong>Muppets</strong>, à qui on aurait décidé de montrer l&#8217;envers du décor. Peter Jackson le dit lui-même, ces Feebles sont nés de la volonté de montrer ce qui pouvait bien se passer entre Kermit La Grenouille et Peggy la Cochonne, côté coulisses.</p>
<p>Il s&#8217;accorde dès lors tous les excès de ton. Du gore, de l&#8217;ultra-violence, du sexe. Aucun thème n&#8217;est oublié, et ils sont éparpillés au travers d&#8217;une galerie de personnages tous plus déjantés les uns que les autres: un lapin adepte du sexe de groupe, un alligator héroïnomane depuis qu&#8217;il a fait le Viêt-Nam, un bulldog et un sanglier dealers, une hippopotame hystérique et boulimique, une chatte en chaleur, un rat fumeur de joints et réalisateur de films porno-nasaux, une vache actrice porno-pis, un fourmilier renifleur de culottes, un éléphant qui ne peut plus se retenir, un morse producteur véreux et son ver de conseiller, une mouche à merde, un metteur en scène adepte de la sodomie, et au milieu de tout ce petit monde, le petit hérisson Robert, qui débarque dans ce vaste univers, des étoiles dans les yeux, et qui va vite se désillusionner de la magie supposée de cette industrie, finalement pourrie.</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/feebles1.jpg"><img class="size-medium wp-image-1792 aligncenter" title="feebles1" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/feebles1-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a></p>
<p>Corrosif à souhait, le scénario distille au fil du temps, plus qu&#8217;une simple pochade malsaine, mais bel et bien une vraie satire du monde du spectacle et de ses travers souterrains. Le décalage de ton s&#8217;opère bien évidemment par l&#8217;utilisation des marionnettes, très volontairement ressemblantes à celles des Muppets, et qui créent le clivage entre le film d&#8217;apparence destiné à un public d&#8217;enfants, et le film pour adultes qu&#8217;il s&#8217;avère finalement être. Les marionnettes, ici, ne sont pas tirées par des fils, mais bel et bien manipulées à la main, et pas n&#8217;importe lesquelles, puisque ce sont le plus souvent celles de Richard Taylor, un nom qui vous dira peut être immédiatement quelque chose, ou alors, au contraire rien du tout. En tout cas, le Monsieur n&#8217;est pas le dernier des branquignoles puisqu&#8217;il est le co-fondateur avec Peter Jackson des studios Weta, créés pour le tournage de <strong>Bad Taste</strong>. Les marionnettes ou costumes du film sont donc nés des mêmes mains et esprits que ceux qui ont façonné l&#8217;univers de la Terre du Milieu made in Jackson, ou encore les Na&#8217;avis du <strong>Avatar</strong> de James Cameron!</p>
<p>Après <strong>Bad Taste, &laquo;&nbsp;</strong>film de jeunesse&nbsp;&raquo;<strong> </strong>réalisé avec quelques potes pendant plus de quatre années, <strong>Meet The Feebles</strong> est le premier film de Peter Jackson qui réuni une bonne partie d&#8217;une équipe qui ne le quittera plus. La co-scénariste du film, Fran Walsh, deviendra sa compagne et co-signera l&#8217;ensemble des scénarios de sa carrière en trio, souvent, avec Stephen Sinclair, lui même co-scénariste des <strong>Feebles</strong>. Jamie Selkirk, monteur des <strong>Feebles</strong>, restera le monteur attitré du nabab néo-zélandais, Jim Booth produira tous les films de Jackson jusqu&#8217;à <strong>Créatures Célestes</strong> (1992), l&#8217;acteur Mark Hadlow qui prête sa voix et son corps – il y a aussi des costumes à taille humaine dans le film – à trois des membres de la troupe des Feebles se verra souvent quant à lui, proposer des seconds rôles par la suite, jusqu&#8217;à obtenir l&#8217;un des rôles principaux de la troupe de nains du futur <strong>Bilbo le Hobbit </strong>(2012-2013).</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/meet-the-feebles-gallery-3-552x40212.jpg"><img class="size-medium wp-image-1793 aligncenter" title="meet-the-feebles-gallery-3-552x40212" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/meet-the-feebles-gallery-3-552x40212-300x218.jpg" alt="" width="300" height="218" /></a></p>
<p><strong>Meet the Feebles</strong> a finalement été redécouvert par beaucoup de cinéphiles, après le succès énorme de la Trilogie du <strong>Seigneur des Anneaux</strong>, au moment où le nom de Peter Jackson attirait davantage les curieux et où tous ses précédents films ont joui d&#8217;une seconde vie. Malgrés tout, si nos fameux <strong>Feebles</strong> peuvent se narguer aujourd&#8217;hui d&#8217;une renommée un peu plus grande, le film reste toujours moins (re)connu que <strong>Bad Taste</strong> ou <strong>Braindead. </strong>Encore difficilement trouvable en DVD zone 2, il fait partie de ces films rares que tous les cinéphiles un tant soit peu sérieux cherchent à débusquer, et se doivent de posséder.</p>
<p align="RIGHT"><em>Joris Laquittant</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Thunderbirds et l&#8217;Odyssée du Cosmos</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 15:30:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Adaptation cinématographique d&#8217;une série télévisée de Sylvia et Gerry Anderson, Thunderbirds are go! (ou Thunderbirds et l&#8217;Odyssée du Cosmos) est l&#8217;un des tout premiers films à employer des marionnettes animatroniques, marquant véritablement la naissance d&#8217;un sous-genre à part entière dont nous allons vous parler sur Intervista au détour d&#8217;un petit...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Adaptation cinématographique d&#8217;une série télévisée de Sylvia et Gerry Anderson, Thunderbirds are go! (ou <em>Thunderbirds et l&#8217;Odyssée du Cosmos</em>) est l&#8217;un des tout premiers films à employer des marionnettes animatroniques, marquant véritablement la naissance d&#8217;un sous-genre à part entière dont nous allons vous parler sur Intervista au détour d&#8217;un petit dossier analytique.<br />
</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/thunderbirds_news.jpg"><img class="wp-image-1877 aligncenter" title="THUNDERBIRDS" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/thunderbirds_news-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Les Marionnettes de la Propagande</strong></h3>
<p><strong>Thunderbirds</strong> (ou <strong>Les sentinelles de l&#8217;air</strong>) est une série télévisée créée par le couple Sylvia et Gerry Anderson dans les années soixante, et qui est en cela fortement imprégnée par les tensions politiques propres à cette époque. Si la série est britannique et non américaine, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;elle est véritablement hantée par le spectre propagandiste de la Guerre Froide, et à la fameuse Guerre des Etoiles que se livrent à distance les Américains et leurs alliés (dont les Anglais) et les pays de l&#8217;Union Soviétique. Il y a dans <strong>Thunderbirds</strong> à peu près toute l&#8217;imagerie rêvée d&#8217;une coalition de l&#8217;Ouest triomphante, celle-là même qui sera parodiée plus de quarante ans plus tard par Trey Parker et Matt Stone avec leur <strong>Team America</strong>, largement inspiré par la série des Anderson.</p>
<p>Les <strong>Thunderbirds</strong> du titre, désignent les engins super-révolutionnaires d&#8217;une sorte d&#8217;unité d&#8217;élite appelée la Sécurité Internationale (Internal Rescue en VO). Comme son nom l&#8217;indique, cette organisation composée d&#8217;une poignée d&#8217;hommes seulement – et tous frères! – est chargée d&#8217;assurer la sécurité du monde entier en intervenant sur les sites de sinistres majeurs, ou dans les cas d&#8217;extrême urgence, tels que des conflits guerriers ou des invasions extraterrestres. Après avoir aidé trente-deux fois à sauver le monde dans leur série télévisée, les marionnettes de la Sécurité Internationale embarquent donc dans une nouvelle mission dans <strong>Thunderbirds et l&#8217;Odyssée du Cosmos</strong>, une aventure qui les mènera dans l&#8217;espace.</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/thunderbirds_are_go_poster_03.jpg"><img class="size-medium wp-image-1878 aligncenter" title="thunderbirds_are_go_poster_03" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/thunderbirds_are_go_poster_03-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a></p>
<p>Première adaptation sur grand écran de la série – suivront <strong>Thunderbirds et Lady Pénélope</strong> (1968) et une adaptation récente avec de vrais acteurs, <strong>Thunderbirds</strong> (2004) qui a été un énorme flop – ce <strong>Thunderbirds et l&#8217;Odyssée du Cosmos </strong>se présente d&#8217;emblée comme une révolution pour l&#8217;époque. Affichant fièrement bénéficier du duo gagnant du Technicolor et du procédé du Supermarionation! Car oui, comme la série télévisée, le film est entièrement réalisé avec des maquettes et des marionnettes animatroniques. Enfin presque, car certains gros plans de mains notamment, sont des prises de vues réalisés avec des acteurs réels. En tout cas, pas de fils ici, contrairement à ce qu&#8217;emploiera plus tard son pastiche <strong>Team America</strong>, ce qui limite considérablement les possibilités d&#8217;action de nos personnages: ils restent pendant la bonne heure et demie de l&#8217;aventure, assis, immobilisés sur leurs sièges ou dans les cockpits de leurs incroyables vaisseaux. Le caractère figé de ces marionnettes influe forcément sur le rythme général du film, dont la lenteur déstabilise et nous fait osciller entre l&#8217;ennui et une sorte d&#8217;immersion hypnotique. Par certains aspects, le film peut s&#8217;apparenter rythmiquement, et par son atmosphère, au <strong>2001: L&#8217;Odyssée de l&#8217;Espace </strong>de Stanley Kubrick qui sortira d&#8217;ailleurs la même année.</p>
<p>Si <strong>Team America</strong> se moque de l&#8217;américanisme et de la toute puissance auto-proclamée de l&#8217;Occident, les <strong>Thunderbirds</strong>, eux, en sont des représentants au premier degré. Point d&#8217;humour ici, mais une volonté aujourd&#8217;hui flagrante de promouvoir le programme spatial américain. A ce titre, chacun des Thunderbirds – il s&#8217;agit en fait du nom donné aux vaisseaux de la Sécurité Internationale – est différent pour montrer le large éventail de l&#8217;équipement de la toute puissante armée des alliés occidentaux: on retrouve donc un sous-marin, une fusée, un satellite, un avion cargo, ou encore un furtif. La combinaison gagnante agit toujours en équipe pour constituer une force imbattable, toujours triomphante.</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/vlcsnap-12994132.jpg"><img class="size-medium wp-image-1879 aligncenter" title="vlcsnap-12994132" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/vlcsnap-12994132-300x232.jpg" alt="" width="300" height="232" /></a></p>
<p>Si l&#8217;objet final que constitue le film reste véritablement intriguant, l&#8217;ensemble a plus de défauts que de qualités. En première ligne des défauts, le premier degré du propos, qui renforce l&#8217;aspect intriguant du film. C&#8217;est un peu comme dans ces nanars, les acteurs semblent tellement y croire, ils semblent tellement penser qu&#8217;ils jouent dans un chef-d&#8217;oeuvre, que les voir ainsi jouer la comédie si mal mais avec autant de conviction donne quelque chose de véritablement étrange à l&#8217;écran. C&#8217;est la même chose ici, puisque ces marionnettes dont l&#8217;aspect les rend plutôt ridicules, ne sont pas utilisées pour alimenter une quelconque forme d&#8217;humour, bien au contraire. Elles transportent donc, là, dans leur corps sans vie, une sorte d&#8217;âme éteinte dont transpire une étrangeté désagréable mais hypnotisante. C&#8217;est peut-être la seule chose qui nous fait probablement tenir, car le scénario de cette adaptation semble n&#8217;être qu&#8217;un épisode de la série à peine développée, dont l&#8217;intrigue, bien mince, devient très vite d&#8217;un ennui mortel.</p>
<p align="RIGHT"><em>Joris Laquittant</em></p>
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		<title>What a Flash!</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 12:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En 1972, à l&#8217;apogée des mouvements beatnik et hippie, du rock&#8217;n'roll, des psychotropes et autres drogues psychédéliques, mais plus encore de la libération sexuelle, le cinéaste et documentariste Jean-Michel Barjol réunit dans un studio de cinéma pendant trois jours et trois nuits plus de deux cents personnes: acteurs, musiciens, peintres, techniciens&#8230; avec pour seul scénario, une consigne : &laquo;&nbsp;Vous êtes dans une capsule spatiale et vous vivez les 70 dernières heures de votre vie&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-14-à-22.01.58.jpg"><img class="size-medium wp-image-1882 aligncenter" title="Capture d’écran 2012-04-14 à 22.01.58" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-14-à-22.01.58-300x205.jpg" alt="" width="300" height="205" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Un Martien sur Mars est un Terrien sur Terre.</strong></h3>
<p align="LEFT">Lorsqu&#8217;il réalise <strong>What a Flash!</strong>, en 1972, Jean-Michel Barjol a déjà à son actif plusieurs courts-métrages et plusieurs documentaires dont un très remarqué <strong>Le Cochon </strong>(1970) qu&#8217;il coréalise avec Jean Eustache. Le mouvement beatnik, lui, est à son apogée. Deux ans plus tôt, le Festival de Woodstock qui rassembla une foule incroyable de plus de 500 000 personnes et fut lui même immortalisé par un film documentaire réalisé par Michael Wadleigh. La contre-culture s&#8217;organise partout dans le monde et l&#8217;art est l&#8217;un des fers de lance de cette révolution. En France, les jeunes soixante-huitards sont les partisans directs de cet esprit de révolte qui toucha par la suite, le monde entier. Malgré tout, même si le mouvement de Mai 68 fut très fort en France, très peu de réalisateurs se sont intéressés en France à cette montée de la contre-culture ou à l&#8217;esprit de révolte contre le système en place. Il y a, bien sûr, Agnès Varda, qui signa deux films d&#8217;immersion au cœur des révolutions de société de l&#8217;époque: chez les hippies, avec <strong>Lions Love</strong> (1969), et autour de la révolution de la femme, en plein éveil de la libération sexuelle dans <strong>L&#8217;une chante, l&#8217;autre pas</strong> (1977). Jean-Michel Barjol reste donc l&#8217;un des rares cinéastes-documentaristes à avoir immortalisé cette période si spéciale et son effervescence en France.</p>
<p align="LEFT">Avec <strong>What a Flash!</strong>, il réalise le projet fou de réunir plus de deux cents artistes et techniciens dans un studio de cinéma, durant trois jours et trois nuits, en leur demandant de faire semblant de vivre là, les soixante-dix dernières heures de leur vie. Certains de ces jeunes artistes deviendront par la suite les stars que l&#8217;on connait. Ainsi, sont par exemple enfermés à l&#8217;intérieur de sa fausse capsule spatiale des gens comme Maria Schneider, Bernadette Lafont, Jean-Pierre Coffe, Diane Kurys, Jean-Claude Dreyfus, le chanteur Daniel Guichard, Tonie Marshall ou encore Catherine Lachens. Le cinéaste n&#8217;est pas particulièrement ancré au milieu, mais il y est toutefois sensible. Les révoltes de &#8217;68 et leur succès ont mené les artistes de l&#8217;époque à vouloir prendre le pouvoir, le revendiquer et l&#8217;instrumentaliser à des fins de productions artistiques. Barjol décide donc d&#8217;utiliser cette volonté de l&#8217;époque pour donner clé en main à ces artistes la possibilité de fonder cette utopie pendant plus de soixante dix heures. Le studio se transforme donc en un mélange entre les prés de Woodstock et la Factory warholienne.</p>
<p align="LEFT"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-14-à-22.00.23.jpg"><img class="size-medium wp-image-1883 aligncenter" title="Capture d’écran 2012-04-14 à 22.00.23" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Capture-d’écran-2012-04-14-à-22.00.23-300x208.jpg" alt="" width="300" height="208" /></a></p>
<p align="LEFT">Le cinéaste lui même, qui est revenu sur cette expérience aux détours d&#8217;une interview présente dans les bonus de la réédition en dvd du film, affirme que l&#8217;on donne à <strong>What a Flash!</strong> une image tout autre que ce que représentait vraiment le film à l&#8217;époque. Barjol n&#8217;imaginait absolument pas dresser un portrait de société d&#8217;une période donnée. Son idée n&#8217;était pas du tout de faire un instantané d&#8217;une génération et de ses mœurs, bien qu&#8217;il admette que le film, aujourd&#8217;hui, peut être un témoin concret de cette époque. Il précise d&#8217;ailleurs qu&#8217;il trouve amusant qu&#8217;on donne au film cette espèce de statut révolutionnaire alors qu&#8217;il n&#8217;a absolument pas été réalisé dans la marge, mais bel et bien en respectant l&#8217;ensemble des droits: &laquo;&nbsp;On ne fait pas une révolution avec l&#8217;accord de la préfecture!&nbsp;&raquo;. Il affirme qu&#8217;il s&#8217;agissait plutôt pour lui d&#8217;une réelle réflexion sur le cinéma. Il voulait démontrer, ou mettre à jour, la frontière poreuse entre fiction et documentaire. Mettre en lumière, aussi, le travail du comédien au sein d&#8217;un dispositif d&#8217;improvisation. Plus largement encore, montrer le cinéma entrain de se faire et se défaire, le désacraliser au sein de son propre temple.</p>
<p align="LEFT">Dans cette même interview, Jean-Michel Barjol explique combien le film a été important dans le milieu, et ce malgré l&#8217;accueil désastreux des critiques et du public qui le jugèrent perturbant, choquant, et le portèrent au rang de scandale national. A tel point, en tout cas, qu&#8217;il fut largement boycotté et désavoué par son producteur qui fit tout pour que le film n&#8217;ait pas une diffusion à hauteur de son incroyable budget. Car oui, le film a couté extrêmement cher. Le prix d&#8217;un &laquo;&nbsp;gros film&nbsp;&raquo; de l&#8217;époque que l&#8217;on aurait tourné habituellement en neuf semaines, mais ici, dépensé sur trois jours. Le dispositif lui-même est volumineux: quinze caméras et plus de soixante micros, dispatchés sur les trois mille mètres carrés du studio. Barjol insiste pour dire qu&#8217;il ne s&#8217;agit donc pas d&#8217;un film de happening un peu underground: &laquo;&nbsp;Ce qui s&#8217;y passe, ce qui est filmé, relève du happening artistique underground, propre à l&#8217;époque, mais du côté de la technique, c&#8217;est très soigné. Dans le cinéma que l&#8217;on qualifie d&#8217;underground, on passait outre la technique, elle était rarement travaillée. Ici, vous avez des grues, et un chef opérateur de talent. La plupart des techniciens qui ont bossé sur ce film sont devenus des gens importants du septième art&nbsp;&raquo;.</p>
<p align="LEFT"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Image-2.png"><img class="size-medium wp-image-1885 aligncenter" title="Image-2" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Image-2-300x151.png" alt="" width="300" height="151" /></a></p>
<p align="LEFT">Ce qu’il y’a de plus troublant à la vision de <strong>What a Flash!</strong>, c’est de constater ô combien le film est précurseur d’une forme de télévision, la télé-réalité, qui n’émergera réellement que trente années plus tard. Tous les ingrédients de la télé-réalité dite &laquo;&nbsp;d’enfermement&nbsp;&raquo; sont en effet réunis ici. Jean-Michel Barjol, toujours dans cette interview filmée, exprimait déjà son ressenti face à l’émergence de ce genre de format télé à l’étranger. Il se dédouane toutefois, ne se considérant pas comme un &laquo;&nbsp;théoricien du concept de télé-réalité&nbsp;&raquo;, le studio de cinéma dans lequel les artistes de <strong>What a Flash</strong> étaient enfermés relevait d’avantage de l’utopie que de la prison, et surtout, il n&#8217;y avait entre les gens qui y étaient enfermés, aucune notion de compétition comme dans la plupart des télé-réalités. Finalement, l’évolution de la forme a été corrélative à celle de la société. Cette société qui, à l’époque, rêvait de révolutions et de liberté, est aujourd’hui à des années-lumière de ces préceptes d’idéaux: et la télé-réalité aussi.</p>
<p align="RIGHT"><em>Joris Laquittant</em></p>
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		<title>Bellflower</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 16:39:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Premier film de son réalisateur Evan Glodell, cette petite production américaine indépendante a déchainé les festivaliers des quatre coins du globe, remportant un franc succès critique partout où il passait. De Sundance où il est né, à Sitges, en passant par la première édition du Paris International Fantastic Film où il est reparti avec le Prix du Jury, ce film que l&#8217;on proclame partout comme une bombe à retardement a fait naître en nous un engouement suffisant pour nous faire saliver d&#8217;impatience de le découvrir.</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/bellflower-e1332388687556.jpg"><img class="size-medium wp-image-1897 aligncenter" title="bellflower-e1332388687556" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/bellflower-e1332388687556-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>L&#8217;Apocalypse n&#8217;aura pas lieu</strong></h3>
<p><strong>Bellflower</strong> a absolument tout du film estampillé Sundance. Production indépendante fauchée – le film a été monté avec seulement 17000 dollars et pas mal de patience – au destin hors-norme – il a bien failli être abandonné en plein milieu de son tournage par manque de moyens – premier film d&#8217;un réalisateur touche à tout – Evan Glodell est ici scénariste, réalisateur, monteur, producteur et interprète – et surtout d&#8217;apparence novateur – entre film d&#8217;auteur et cinéphilie de références. Un vrai film indépendant donc. Le film raconte l&#8217;histoire de deux jeunes et de leur passage à l&#8217;âge adulte. Woodrow et Aiden, deux amis un peu perdus et qui ne croient plus en rien, concentrent leur énergie à la confection d’un lance-flammes et d’une voiture de guerre, qu’ils nomment &laquo;&nbsp;La Medusa&nbsp;&raquo;. Ils sont persuadés que l’apocalypse est proche, et s’arment pour réaliser leur fantasme de domination d’un monde en ruine. Jusqu’à ce que Woodrow rencontre une fille, Milly, qui est la sosie de Elodie Gossuin, en plus enrobée et plus salope: en plus américaine donc.</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Bellflower2.jpg"><img class="size-medium wp-image-1898 aligncenter" title="Bellflower2" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/Bellflower2-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p>De son synopsis à sa bande annonce, le &laquo;&nbsp;produit&nbsp;&raquo; <strong>Bellflower</strong> est confectionné pour être vendu comme un film qu&#8217;il n&#8217;est pas. Alors que son résumé nous présente plutôt un film enragé et engagé, et que son trailer et son affiche invitent immédiatement à penser à <strong>Mad Max</strong> (George Miller, 1979) la réalité de <strong>Bellflower</strong> est tout autre. Le film est davantage un portrait d&#8217;une génération en pleine implosion, un teen-movie violent aux relents de road-movie amoureux. Si Evan Glodell convoque en effet le spectre de <strong>Mad Max</strong> en faisant de ses héros des fans absolus du film, le film n&#8217;est pas pour autant sur le même registre. On comprend donc les évidents clin d&#8217;oeil aux voitures du célèbre film, et les héros se considèrent eux-mêmes comme des serviteurs du Seigneur Humungus de <strong>Mad Max 2: Le Défi</strong> (1981)<strong>. </strong>Le pitch et la communication bien huilée – mais mensongère – autour du film prépare donc le spectateur à aller voir l&#8217;histoire de deux types qui décrochent conjointement de la réalité, se pensant en pleine apocalypse, et semant le chaos à coup de lance-flammes et de voitures de guerre. Il n&#8217;en est donc rien.</p>
<p>Si la fascination pour les lances-flammes et les bagnoles bricolées façon <strong>Mad Max</strong> est bien présente chez les personnages, elle s&#8217;apparente finalement plus à une fascination de grands enfants qui aiment s&#8217;inventer des histoires. &laquo;&nbsp;On dirait qu&#8217;on était le Seigneur Humungus&nbsp;&raquo;. Woodrow et Aiden sont deux gars bloqués dans l&#8217;adolescence, qui jouent le jeu dangereux de la vie: ils boivent jusqu&#8217;au coma, prennent des risques en voiture, ou font sauter des bouteilles de gaz à coup de lance-flammes artisanal. Le film s&#8217;intéresse donc plus précisément au passage délicat de ces deux mecs vers l&#8217;âge adulte, et qui se symbolise ici par leur rencontre avec deux gonzesses qui vont totalement les rendre fous. Elle est là, l&#8217;Apocalypse. Il est là, le no man&#8217;s land sur lequel ils espèrent régner avec leur bagnole des temps futurs. Le film raconte donc la traversée de ce pont d&#8217;entre deux mondes, si difficile à vivre pour tous, mais plus particulièrement encore chez ces deux là, vu qu&#8217;ils s&#8217;y sont finalement pris un peu tard, renfermés dans leurs délires de potes et dans leurs fascinations dangereuses.</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/bellflower_11.jpg"><img class="size-medium wp-image-1899 aligncenter" title="bellflower_1" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/bellflower_11-300x150.jpg" alt="" width="300" height="150" /></a></p>
<p>Le film n&#8217;est donc absolument pas un film de genre comme il se présente partout, mais il reste intéressant en divers points. D&#8217;abord, c&#8217;est un portrait non biaisé d&#8217;une certaine génération. Cette génération MTV, temple des <strong>Jackass</strong>. Celle de ces jeunes qui s&#8217;abreuvent de programmes montrant une jeunesse dépravée: orgies d&#8217;alcool et prises de risques en rafale. Une génération qui n&#8217;a plus peur de rien, pas même du Seigneur Humungus ou de bouffer des criquets pour cinquante dollars en chèques restaurant. Le film rend compte progressivement de l&#8217;apogée de cette violence, ancrée à même le corps et l&#8217;esprit de cette génération, jusqu&#8217;à son point de non retour. Ce point de non retour, justement, est le point d&#8217;orgue de toute ma désillusion autour du film, puisqu&#8217;il n&#8217;arrivera jamais. À mesure que l&#8217;on passe d&#8217;un idyllique road-movie amoureux à travers les Etats-Unis à une vie de couple perturbée et envenimée, on attend le moment ou les lances-flammes cracheront et où le moteur de leur sombre Buick Skylark peinturée d&#8217;un imposant &laquo;&nbsp;Medusa&nbsp;&raquo; racoleur, vrombira jusqu&#8217;à imploser en même temps que leur cervelet en ébullition. Ce moment arrivera bel et bien, mais s’essoufflera de lui-même en pleine explosion, d&#8217;un seul souffle, ne lâchant qu&#8217;une seule et unique déflagration qui ne faira ni bruit, ni dégâts. Le retour final à une réalité que l&#8217;on ne sait alternative ou non, laisse le film se terminer dans un no man&#8217;s land scénaristique, en roue libre dans une poésie faussement contemplative qui se perd au final dans un désert sans vie. Et le film entier avec lui.</p>
<p align="RIGHT"><em>Joris Laquittant</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le territoire des loups</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 15:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valentin Maniglia</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Liam Neeson ne fait pas que des mauvais films. Liam Neeson est un grand acteur. Vous allez lire la phrase qui suit et me croire sur parole. Liam Neeson est un grand acteur. Taken était la pire merde qu&#8217;il ait faite, mais on lui pardonne, parce que c&#8217;est un grand acteur (je vous dis ça en vous faisant un mind trick à la Qui-Gon). Taken 2 &#8211; oui, oui, c&#8217;est prévu pour octobre &#8211; sera la pire merde qu&#8217;il fera, mais on lui pardonne, vous savez pourquoi maintenant. En attendant, entre deux films où il sauve le monde et combat des Transformers marins qui ne rouillent pas, il est profondément touchant dans Le Territoire des Loups de Joe Carnahan, un survival complètement atypique, qui joue la carte de l&#8217;émotion sans jamais verser dans le pathos.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Grey-2012-Photo-9.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1835" title="leterritoiredesloups" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/The-Grey-2012-Photo-9-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Liam vs. wild</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Dire que Joe Carnahan est un réalisateur et scénariste sous-estimé est une vérité on ne peut plus réelle. Lui qui a su gagner la confiance des frères Scott après avoir écrit et réalisé le très bon <strong>Narc</strong> et le pas trop dégueulasse <strong>Mi$e à prix</strong> réalise son premier blockbuster hollywoodien avec l&#8217;adaptation ciné de <strong>L&#8217;Agence tous risques</strong>. $110 millions de budget délivrés par les frangins angliches, et le film fait un score très très moyen, ne remboursant même pas les ¾ de son budget aux USA. Dommage, parce que même s&#8217;il n&#8217;était pas si terrible, l&#8217;adaptation était plutôt sympa. Et puis Liam Neeson a la classe. La putain de classe, même. De toute façon, je vous mets au défi de me trouver un film où Liam Neeson n&#8217;a pas la classe. Même en Zeus il est cool! Et ça tombe bien, parce qu&#8217;il a le rôle principal de <strong>The Grey</strong> (<strong>Le territoire des loups</strong> en VF) où, devinez quoi, il a la classe!</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire, en quelques mots, est celle d&#8217;une poignée d&#8217;ouvriers travaillant pour une compagnie pétrolière envoyés en Alaska, et dont l&#8217;avion s&#8217;écrase en plein vol. Cinq survivants au crash vont devoir survivre en milieu hostile, froid, et peuplé par des loups qui n&#8217;ont pas l&#8217;air très très gentils. John Ottway, l&#8217;un des survivants, à l&#8217;existence torturée, pense que seule la forêt leur offrira un refuge un peu plus rassurant, même s&#8217;ils savent tous profondément qu&#8217;ils ne survivront pas à cette fatalité…</p>
<p style="text-align: justify;">Je préfère le dire d&#8217;emblée, <strong>Le territoire des loups</strong> est THE film de Joe Carnahan. Ce mec est à ça de la perfection avec ce film. Vous<a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/le-territoire-des-loups-3.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1833" title="leterritoiredesloups" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/le-territoire-des-loups-3-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a> comprenez, à ça! Il prouve qu&#8217;en 2012, ON PEUT renouveler des genres ou des sous-genres cinématographiques. Si ça c&#8217;est pas un scoop! Car <strong>Le territoire des loups</strong>, film qui a été vendu comme un survival – avec des loups, donc – n&#8217;en est pas un. Ou plutôt, il n&#8217;est pas un survival au sens où on l&#8217;entend, au sens où <strong>Je suis une légende</strong> est un survival, au sens où le meilleur film de Kevin Costner, <strong>The Postman</strong>, est un survival. Ce film-ci est plutôt un cousin éloigné de <strong>Délivrance</strong>, brutal et profond, utilisant des axes sensiblement similaires pour présenter son sujet. Le vif du sujet, ce n&#8217;est pas le combat entre cinq hommes et des loups, c&#8217;est plutôt le combat d&#8217;un seul homme contre lui-même, contre son lourd passé, qui vivra finalement ce périple comme un véritable chemin de croix.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour arriver à ce final puissant et absolument pessimiste, Ottway rencontrera de nombreuses épreuves qui le purifieront, comme s&#8217;il devait devenir digne de connaître l&#8217;ultime duel. Une purification qui va le pousser à accepter son départ pour l&#8217;Alaska et ce qu&#8217;il avait à fuir. Une purification qui va commencer par le crash de l&#8217;avion, très impressionnant d&#8217;ailleurs, et qui va s&#8217;étaler tout le long du film par des attaques de loups et des conflits humains. Les conflits humains, voilà l&#8217;élément le plus important du film, même si &laquo;&nbsp;relations&nbsp;&raquo; serait un terme préférable à &laquo;&nbsp;conflits&nbsp;&raquo;. En réalité, <strong>Le territoire des loups</strong> est un film sur la relation entre l&#8217;homme et la nature; plus qu&#8217;un guide de survie, c&#8217;est presque une étude psychologique de comment survivre à plusieurs en milieu hostile.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/The_Grey_06.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1834" title="leterritoiredesloups" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/The_Grey_06-300x169.jpg" alt="" width="300" height="169" /></a>Ceux qui n&#8217;ont jamais été vraiment convaincus par Joe Carnahan doivent absolument voir ce film, qui est l&#8217;opposé total de ses autres œuvres. Un film nihiliste, torturé, à mille lieues de ce qui peut se faire actuellement dans le même genre. Un film de mecs, mais pas un film de couilles, &#8211; le personnage principal est lui-même une mauviette &#8211; qui joue surtout sur le calme avant la tempête, et qui est porté tout le long par un poème, écrit par le père d&#8217;Ottway: &laquo;&nbsp;Once more into the fray/Into the last good fight I&#8217;ll ever know/Live and die on this day/Live and die on this day&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Une fois de plus dans la mêlée/Dans le dernier et plus grand combat de ma vie/Vivre et mourir en ce jour/Vivre et mourir en ce jour&nbsp;&raquo;). Un poème qui prend tout son sens dans la scène finale, et je ne peux que conseiller de regarder le générique de fin jusqu&#8217;au bout, même si je déteste révéler qu&#8217;il y a une scène post-générique. <strong>The Grey</strong>, en plus d&#8217;être une incroyable surprise et de nous montrer un Liam Neeson dans l&#8217;une de ses meilleures interprétations (sinon la meilleure), fait sans aucun doute partie du top 3 des meilleurs films de ce premier trimestre 2012, aux côtés de <strong>Take Shelter</strong> et <strong>La Taupe</strong>.</p>
<p align="right"><em>Valentin Maniglia</em></p>
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		<title>The Ward</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 14:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valentin Maniglia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[John Carpenter, après dix ans d&#8217;une absence quasi-totale, revient avec The Ward, un thriller d&#8217;épouvante avec Amber Heard, la lesbienne la plus bandante de l&#8217;histoire du cinéma. N&#8217;ayant même pas profité d&#8217;une distribution en salles chez nous, il est sorti en DTV en février dernier, et témoigne d&#8217;un Big John...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>John Carpenter, après dix ans d&#8217;une absence quasi-totale, revient avec The Ward, un thriller d&#8217;épouvante avec Amber Heard, la lesbienne la plus bandante de l&#8217;histoire du cinéma. N&#8217;ayant même pas profité d&#8217;une distribution en salles chez nous, il est sorti en DTV en février dernier, et témoigne d&#8217;un Big John fade, et ultra-décevant, malgré un film pas si mauvais dans la forme.</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/the_ward_movie_image_amber_heard_02.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1852" title="theward" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/the_ward_movie_image_amber_heard_02-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>All the young girls love Amber</strong></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong>On est en 1966, et Kristen arrive dans un hôpital psychiatrique du fin fond de l&#8217;Oregon, parce qu&#8217;elle a mis feu à la ferme familiale. Elle va rencontrer ses roommates Iris, Emily, Zoey et Sarah, ainsi que le docteur Stringer, connu pour ses thérapies aussi peu orthodoxes que Mel Gibson. Très vite, Kristen va voir apparaître le fantôme d&#8217;Alice Hudson, qui s&#8217;avère avoir été internée dans ce même hôpital, mais qui a été portée disparue. Ces apparitions vont être le point de départ d&#8217;une série d&#8217;événements mystérieux qui vont mettre en danger la vie d&#8217;Alice et de ses copines foldingues…</p>
<p style="text-align: justify;">Dix ans qu&#8217;on attendait la sortie d&#8217;un nouveau film signé Jean Charpentier. Et pour tout dire, on l&#8217;attend toujours, parce que malgré l&#8217;habituel &laquo;&nbsp;John Carpenter&#8217;s – titre du film&nbsp;&raquo; (ici <strong>The Ward</strong>, donc), on a du mal à croire que le réalisateur s&#8217;approprie le long-métrage qu&#8217;il a réalisé. On ne retrouve RIEN de Carpenter, même pas la traditionnelle Panavision, laissant place à une image digitale, donc nettement plus moderne dans le rendu (n&#8217;oublions pas que le film est censé se passer dans les années 60). Admettons que ce soit un choix du réalisateur, et parlons des deux scénaristes, les frangins Michael et Shawn Rasmussen. Dans les quelques films non écrits par Carpenter, les scripts sont signés par des jeunes scénaristes, qui n&#8217;ont très souvent que peu d&#8217;expérience dans le cinéma, ce qui est le cas ici. Seulement voilà, le talent des frères Rasmussen n&#8217;est pas vraiment remarquable, et peut se résumer par une suite d&#8217;éléments empruntés ci et là à bien d&#8217;autres films. Parce que <strong>The Ward</strong> n&#8217;invente rien, loin de là, et donne même l&#8217;impression de montrer une suite de séquences déjà vues dans d&#8217;autres films, y compris ceux de Carpenter (<strong>L&#8217;antre de la folie</strong>, en particulier). L&#8217;intérêt premier du film, au final, est de montrer Amber Heard et d&#8217;autres meufs bien roulées (sauf Mamie Gummer, qui ressemble à sa mère Meryl Streep, mais en plus moche) se crêper la permanente en s&#8217;insultant de biatch.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/photo-The-Ward-2010-10.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1851" title="theward" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/photo-The-Ward-2010-10-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Niveau scénaristique, pour que ce soit plus clair, <strong>The Ward</strong> c&#8217;est un mélange entre <strong>Identity</strong>, <strong>L&#8217;antre de la folie</strong>, <strong>Paranormal Activity</strong> et <strong>Shutter Island</strong>. Rien de plus, rien de moins que ça. Alors il faut avouer que oui, c&#8217;est très maigre, et en plus ça fait même pas peur. On sent que Carpenter se contente juste de filmer, lui qui, il y a encore 10 ans avec <strong>Ghosts of Mars</strong>, filmait, écrivait, composait, et parfois même, montait et produisait. La réalisation est très propre et maîtrisée, et le film se démarque du point de vue technique par une excellente utilisation des plans larges, dans un film qui aurait tendance à être réalisé de la manière inverse, mais là encore, c&#8217;est habituel chez Carpenter. Malgré ça, les jump scares tombent dans la banalité la plus affligeante, surtout venant de la part du réalisateur qui sait le mieux les contourner (cf. <strong>Halloween</strong>)!</p>
<p style="text-align: justify;">On est en droit de se poser donc la question suivante: qu&#8217;est-ce qui a motivé Carpenter à filmer (j&#8217;insiste là-dessus) une histoire pareille?</p>
<p style="text-align: justify;">A. Il n&#8217;est pas allé au cinéma depuis 2003, et pensait tenir un scénario révolutionnaire.</p>
<p style="text-align: justify;">B. &laquo;&nbsp;Mouais, si on met des nanas plutôt bonnes, on trouvera notre public&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">C. &laquo;&nbsp;I need mo-mo-mo-money, that&#8217;s what I want&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">D. La réponse D.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut se la poser, d&#8217;une part parce que<strong> The Ward</strong> s&#8217;éloigne le plus possible de ce qui pourrait ressembler à du Carpenter, mais aussi parce que le film est symptomatique de l&#8217;horreur actuelle. Je m&#8217;explique: si ce n&#8217;est pour le label &laquo;&nbsp;Carpenter-made&nbsp;&raquo;, <strong>The Ward</strong> ne réussit pas à lever le niveau des récentes productions horrifiques à base de torture porn d&#8217;une part, et de phénomènes surnaturels chiants comme tout de l&#8217;autre. Car ce sont ces deux seules catégories qui composent les films d&#8217;horreur aujourd&#8217;hui, à tel point que tous les films d&#8217;une même catégorie se suivent et se ressemblent. J&#8217;en veux pour preuve cet exemple très pertinent, tiré d&#8217;une<br />
conversation entre deux amis de 40 ans qui se déroule le lundi 26 juin 2034:</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;- Hé (mettez le prénom de votre choix, moi j&#8217;ai choisi Aristophane), tu te souviens quand on était gamins et qu&#8217;on était allés voir ce film avec la nana qui était à l&#8217;asile? C&#8217;était quoi le titre déjà?</p>
<p style="text-align: justify;">- Ah oui, il  était cool. Y&#8217;avait pas Ray Liotta et John Cusack dedans?</p>
<p style="text-align: justify;">- Mais non, j&#8217;te parle pas de ça. Tu confonds, moi je te parle de celui avec Amber Heard.</p>
<p style="text-align: justify;">- Ah oui je vois, le truc de Scorsese, il était super ce film! C&#8217;est marrant que tu me parles d&#8217;elle parce que je l&#8217;ai vue chez Drucker hier<a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/photo-The-Ward-2010-8.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1850" title="theward" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/photo-The-Ward-2010-8-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a> (note: oui, en 2034, Drucker est ENCORE vivant et fait ENCORE de la télé), elle est encore bien foutue pour ses 50 ans.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Cet exemple qui, vous en conviendrez, est parfaitement… pas crédible du tout (mais rien n&#8217;est impossible, juste mathématiquement improbable), montre bien à quel point <strong>The Ward</strong> est un film qui plonge la tête la première dans les affres de la banalité. Ses rares qualités ont l&#8217;incroyable pouvoir de faire d&#8217;un film du maître Carpenter &laquo;&nbsp;un film du samedi soir à regarder en famille&nbsp;&raquo;. Ce qui n&#8217;est évidemment pas un compliment, puisque le samedi soir, pendant que les enfants regardent &laquo;&nbsp;Les 100 plus grandes vidéos qu&#8217;on vous a déjà passées à Noël 2008, 2009 et 2010&#8243; sur TF1, papa et maman font grincer le lit. Putain de samedi soir.</p>
<p style="text-align: justify;">Un petit mot sur Amber Heard pour finir, sans qui le film serait encore moins que ce qu&#8217;il n&#8217;est déjà. Amber Heard, le rêve, le fantasme de tous les amateurs d&#8217;horreur, confirme bien qu&#8217;elle mérite sa place dans la lignée des Big John&#8217;s Girls, juste après (la sous-estimée) Natasha Henstridge. Certes, rien d&#8217;exceptionnel dans le jeu d&#8217;actrice, mais elle est la plus convaincante de tout le casting. Et c&#8217;est en toute objectivité que je dis ça, t&#8217;façon j&#8217;m'en fous, j&#8217;aime pas les blondes.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Valentin Maniglia</em></p>
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		<title>La Dame en Noir</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Apr 2012 11:08:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valentin Maniglia</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Hammer, qu&#8217;on a cru cinématographiquement morte pendant trente ans, revient petit à petit depuis deux ans, d&#8217;abord en coproduisant Laisse-moi entrer, le remake de Morse, puis deux autres films n&#8217;ayant guère de succès, Le Locataire et Wake Wood. C&#8217;est maintenant à La Dame en Noir de témoigner du retour...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La Hammer, qu&#8217;on a cru cinématographiquement morte pendant trente ans, revient petit à petit depuis deux ans, d&#8217;abord en coproduisant Laisse-moi entrer, le remake de Morse, puis deux autres films n&#8217;ayant guère de succès, Le Locataire et Wake Wood. C&#8217;est maintenant à La Dame en Noir de témoigner du retour des légendaires studios britanniques, car c&#8217;est le premier film, depuis 1979, à être une vraie production estampillée Hammer. Une histoire de fantômes dans laquelle se retrouvent embarqués Daniel Radcliffe et Ciáran Hinds, mais où le sortilège d&#8217;endoloris ne peut rien contre eux&#8230;</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/large_578997.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1824" title="ladameennoir" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/large_578997-300x161.jpg" alt="" width="300" height="161" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Si j&#8217;avais un Hammer&#8230;</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Si, en 2002, on m&#8217;avait dit: &laquo;&nbsp;Dans dix ans, tu pourras aller voir un film de la Hammer au cinéma&nbsp;&raquo;, j&#8217;aurais certainement ri au nez de celui qui m&#8217;aurait dit ça. Je lui aurais même craché dessus, parce qu&#8217;en 2002, j&#8217;étais encore un petit con à peine entré au collège qui s&#8217;intéressait vraiment au cinéma bis que depuis quelques mois, et je pensais tout connaître parce que j&#8217;étais capable de citer tous les titres des films de Fulci sans en avoir réellement vu plus de deux. En plus, ça ne m&#8217;a jamais vraiment aidé à serrer des nanas. De toute façon, les rares filles qui étaient jolies et qui n&#8217;avaient pas d&#8217;appareil dentaire sortaient avec les cailleras qui n&#8217;étaient bons qu&#8217;en sport, comme dans les films américains. Tout cela n&#8217;a aucun rapport avec le film dont je suis censé vous parler, mais ça vous permet de situer quel genre d&#8217;abruti j&#8217;étais à mon entrée au collège, mais mesdemoiselles, rassurez-vous, ça a bien changé depuis. Bref. Si en plus on avait ajouté: &laquo;&nbsp;Dans le film, y&#8217;a Harry Potter qui tient le rôle principal&nbsp;&raquo;, j&#8217;aurais vomi dans la seconde, sans me soucier de quelle paire de chaussures j&#8217;ai baptisé avec ma galette pleine de morceaux de lasagnes pas complètement digérés. Sauf que voilà, dix ans plus tard, la connerie en moins et les cheveux longs en plus, je me retrouve dans une salle de cinéma, à voir <strong>La Dame en Noir</strong>, un film de la Hammer avec Harry Potter. Si le moi de 2002 rencontrait le moi de 2012, il lui aurait lancé un expelliarmus bien mérité.</p>
<p style="text-align: justify;">Trêve de conneries, passons directement dans le vif du sujet. C&#8217;est assez jouissif de se retrouver dans une salle de ciné et de voir, devant tes yeux, le logo de la Hammer prendre toute la taille de l&#8217;écran. Surtout quand, pendant le quart d&#8217;heure précédent, tu t&#8217;es tapé la bande-annonce de <strong>Battleshit</strong> (non, ce n&#8217;est pas une faute de frappe) et les pubs MAIF, McDo &laquo;&nbsp;Barbra Streisand&nbsp;&raquo; et SFR &laquo;&nbsp;What&#8217;s the zizi?&nbsp;&raquo;. Ce qui est moins cool, c&#8217;est quand la pubère derrière toi dit &laquo;&nbsp;Ah, c&#8217;est un film Marvel?&nbsp;&raquo;. Les premières minutes du film installent une atmosphère assez prenante et posent les bases de l&#8217;intrigue. Arthur Kipps, un jeune clerc de notaire londonien, est envoyé par son cabinet dans un village reculé d&#8217;Angleterre, afin de s&#8217;occuper pendant quelques jours de la paperasse concernant le patrimoine d&#8217;Alice Drablow, une femme décédée ayant possédé un manoir dans ce fameux village. Là, Kipps va faire la connaissance de Sam Daily, qui <a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/la-dame-en-noir-the-woman-in-black-14-03-2012-2-g.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1825" title="ladameennoir" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/la-dame-en-noir-the-woman-in-black-14-03-2012-2-g-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>sera son seul ami dans un endroit inconnu, peuplé d&#8217;habitants peu accueillants. Dans le manoir, Kipps entend des bruits de pas à l&#8217;étage et aperçoit une mystérieuse femme en noir, qui serait apparemment un fantôme lié aux nombreuses morts d&#8217;enfants dans le village…</p>
<p style="text-align: justify;">Adapté d&#8217;un roman de Susan Hill publié en 1983 qui a déjà été décliné en une pièce de théâtre et en un téléfilm, <strong>La Dame en Noir</strong> version Hammer est donc la première adaptation cinématographique du roman, scénarisée par Jane Goldman, la jolie MILF rousse aux seins énormes qui a collaboré aux derniers films de Matthew Vaughn, et réalisée par James Watkins, le sosie british de Michael Stipe qui était déjà aux commandes du plutôt cool <strong>Eden Lake</strong> (2008). C&#8217;est donc le second film de Watkins, et le choix du réalisateur étonne un tantinet, parce que quand on essaie de relancer la Hammer avec une histoire de fantômes aux accents gothiques, on prend n&#8217;importe qui sauf le scénariste de <strong><a href="http://intervistamag.com/2009/10/17/the-descent-2/">The Descent 2</a></strong>! La vision de l&#8217;horreur moderne chez Watkins est assez éloignée de l&#8217;idée qu&#8217;on se fait d&#8217;un film de la Hammer, même en 2012. Et pourtant, ça colle plutôt bien. On est transportés dans l&#8217;Angleterre de l&#8217;époque Edwardienne, dont les décors rappellent <strong>Le Chien des Baskerville</strong> ou <strong>Paranoiac</strong>, deux des plus grands films des studios britanniques. Les décors et les costumes, en fait, suffisent presque eux-mêmes à confirmer que la Hammer est bien vivante et est capable de nous offrir un spectacle visuel comme au bon vieux temps. C&#8217;est même assez drôle de se dire qu&#8217;un chef-op&#8217; comme Tim Maurice Jones, qui a officié sur les meilleurs Guy Ritchie (donc pas sur <strong>Sherlock Holmes</strong>, par exemple) et sur l&#8217;un des plus beaux films des années 2000, <strong>White Lightnin&#8217;</strong>, abandonne son savoir-faire plutôt original et à a limite du barré pour revenir aux sources. La photo de <strong>La Dame en Noir</strong>, c&#8217;est du Freddie Francis sans toutes les subtilités du maître, ce qui n&#8217;empêche pas d&#8217;apprécier le spectacle.</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, toutes ces caractéristiques qui permettent de faire de <strong>La Dame en Noir</strong> un beau film ne permettent pas forcément d&#8217;en faire un bon film. D&#8217;horreur, qui plus est. Il est vrai que le roman de Susan Hill collait parfaitement à l&#8217;esprit Hammer et à son esthétique, mais en 2012, on aimerait bien que le cinéma d&#8217;horreur passe à autre chose que le schéma: mec seul dans une pièce -&gt; zéro bruit -&gt; truc inquiétant qui va surgir -&gt; musique flippante -&gt; la pisseuse assise derrière toi qui dit à ses copines un peu coconnes: &laquo;&nbsp;Ouah comment j&#8217;ai trop flippé sa race!&nbsp;&raquo;. Surtout quand ce schéma est reproduit plusieurs fois en 90 minutes. Les éléments inquiétants,<a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/wbDP1fXdenqM6Z4KB4Aep3XM6G8.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1826" title="ladameennoir" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/04/wbDP1fXdenqM6Z4KB4Aep3XM6G8-300x163.jpg" alt="" width="300" height="163" /></a> comme les poupées flippantes en céramique, les apparitions de la dame en noir, les bruits de pas, suffisaient largement, mais là, le tandem Goldman/Watkins en fait un peu trop… Dommage, car la force visuelle du film aurait presque réussi à faire oublier le scénario, si celui-ci n&#8217;avait pas été aussi pauvre et s&#8217;il ne donnait pas l&#8217;impression d&#8217;avoir déjà été vu cinquante fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui est de Daniel Radcliffe et de son premier rôle post-HP, on a vu plus convaincant. La vérité est qu&#8217;il n&#8217;est pas mauvais en Arthur Kipps, mais il faut se rendre à l&#8217;évidence: pendant dix ans, il a été le gamin balafré qu&#8217;on voulait voir affronter Voldemort, on a grandi avec lui, on a été dépucelés en même temps (quoique…), on a évidemment du mal à le voir ADULTE, MARIE, AVEC UN GOSSE! Et même en faisant abstraction de ça, il y a quelque chose qui ne colle pas. Puis au final, on oublie assez vite tout ça, pour se concentrer sur les faiblesses du scénario. Jusqu&#8217;à la scène de clôture, absolument inutile, et elle aussi, ressassée un million de fois.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec <strong>La Dame en Noir</strong>, le retour de la Hammer est sur la bonne voie. Malgré une intrigue cousue de fil blanc et qui s&#8217;essouffle très rapidement, on reste étonné de la qualité du film, qui a fait et continue de faire de très bonnes recettes. Une semi-réussite, qui laisse à espérer que le prochain Hammer sera au d&#8217;une qualité au moins égale, mais qu&#8217;on espère quand même voir surpassée.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Valentin Maniglia</em></p>
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		<title>The Movie Orgy</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 14:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Petit objet culte au sein de la cinéphilie mondiale, The Movie Orgy c&#8217;est ce Saint-Graal que tout amoureux du cinéma essaie de toucher. Comme le dit lui-même Joe Dante, il faudrait distribuer des badges à la sortie </strong><em><strong>I survived The Movie Orgy </strong></em><strong>à tous les courageux complètement fous qui ont tenu l&#8217;esprit éveillé durant les quatre heures quarante cinq du programme. Plus qu&#8217;un film, The Movie Orgy tient plus du happening artistique, puisqu&#8217;il n&#8217;est qu&#8217;une succession d&#8217;extraits de films de série B, de publicités, de films institutionnels, d&#8217;émissions et de séries télé. Un collage destiné à donner une définition de la culture pop américaine des années &#8217;60. L&#8217;article qui va suivre est à l&#8217;image de ce film de montage, monument du détournement, et plus encore à l&#8217;image de l&#8217;expérience de spectateur: foutraque, déjanté, confus parfois, drôle toujours, mélangeant associations d&#8217;idées absurdes et références cultes. </strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2011/11/small_556103.jpg"><img class="size-full wp-image-1175 aligncenter" title="small_556103" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2011/11/small_556103.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>How I Survived The Movie Orgy</strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Shpack. Une porte s&#8217;ouvre. Joe Dante, la mèche grise toujours bien coiffée au coin du front, beau manteau de cuir sur les épaules, rentre sous un tonnerre d&#8217;applaudissements. Son petit sourire en coin fait ombre d&#8217;un sadisme conscient. Il a l&#8217;air de toiser du regard le public en imaginant qui de tous ces gens tiendra éveillé jusqu&#8217;au bout de la surprise. Puis vient le moment de prévenir, toujours avec son irascible humour: &laquo;&nbsp;Le film que vous allez voir est une œuvre d&#8217;art. Donc si vous n&#8217;aimez pas, l&#8217;argument est irrecevable. C&#8217;est de l&#8217;art&nbsp;&raquo;. Voilà qui est clair. L&#8217;expérience qu&#8217;il nous propose durera quatre heures et quarante cinq minutes; un instant, on sent qu&#8217;il attend que plusieurs personnes se lèvent de leur siège pour courir et fuir vers l&#8217;extérieur. Mais il nous sous-estime tonton Joe, à Amiens, on tuerait pour rester dans une salle de cinéma, d&#8217;abord parce qu&#8217;on est des cinéphiles aguerris mais aussi et surtout parce que dehors, il gèle. Alors il surenchérit. Il dévoile le mode d&#8217;emploi. Interdit de se lever durant le mini-entracte qui servira à changer les disques, là haut, dans la cabine de projection. Non. Si vous vous levez, c&#8217;est durant le film, car c&#8217;est conçu ainsi. De sorte à ce que tu puisses sortir, boire un coup, fumer une clope, uriner sur les murs du cinéma ou combler un risque de crise de claustrophobie aigüe. Puis revenir t&#8217;asseoir en te faisant huer par les autres parce que tu es faible. Les règles du jeu dévoilées, il ajoute, avec son sourire de gamin sadique, qu&#8217;il passera de temps en temps pour vérifier que la salle n&#8217;est pas vide. La pression est mise. Personne dans la salle ne veut décevoir le maître. Juste avant de refermer la porte et d&#8217;aller probablement s&#8217;empiffrer de bonne bouffe bien franchouillarde, il nous jette un dernier regard amusé mais plein de compassion: &nbsp;&raquo;Bonne chance&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Shpack. Cette fois ce n&#8217;est pas la porte. C&#8217;est le projecteur. C&#8217;est parti. Pour un cinéphile, être assis dans un siège – même peu confortable – pour survivre à quatre heures quarante cinq de ce monument culte est un peu l&#8217;épreuve d&#8217;une vie. Je soupçonne certains êtres faibles qui ont quitté la salle, d&#8217;avoir été pleurer dans les toilettes en se lamentant: &laquo;&nbsp;Mais pourquoi! Pourquoi ai-je failli! Pourquoi suis-je si fatigué, spécialement ce soir! Pourquoi, seigneur, pourquoi ce jour là!&nbsp;&raquo;. On se sent donc un peu missionné. On a l&#8217;impression d&#8217;avoir signé pour un Viet-Nam cinéphile et d&#8217;ailleurs on a préparé notre bagage pour survivre aux épreuves de la vie en conséquence. Se nourrir, se rafraîchir. Tout est prêt, les yeux rivés à l&#8217;écran, les mains elles, ne servent qu&#8217;à croiser les doigts. &laquo;&nbsp;Non. Non. Je ne m&#8217;endormirai pas&nbsp;&raquo;. Tout commence par un énorme Z sur l&#8217;écran. Comme un supplément d&#8217;âme aux instructions de Joe Dante, le film annonce: &laquo;&nbsp;Pour son contenu complètement trop long, ce film devrait être classé Z, comprenez: déconseillé&nbsp;&raquo;. A partir de ce moment, le cerveau est propulsé dans une autre dimension, les yeux se figent contre l&#8217;écran, on s&#8217;apparente très vite à Alex dans <strong>Orange <a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/movie-orgy-3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1779" title="themovieorgy" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/movie-orgy-3-300x242.jpg" alt="" width="300" height="242" /></a>Mécanique</strong>, forcé à regarder des images, sauf que nous, on est encore plus graves, car on est consentants. Aussi, ne vous étonnez pas si cette ligne est la dernière ligne à la syntaxe à peu près bien construite, le reste ne sera qu&#8217;à l&#8217;image du film, et de l&#8217;effet qu&#8217;il provoque.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout a un début. Le nôtre, c&#8217;est un couple de cow-boys qui ne fait rien sous les tentes, mais qui a un copain cheval nommé Midnight. Midnight est trop cool. Midnight c&#8217;est un peu le Clint Eastwood des chevaux. Il a pas besoin d&#8217;avoir sur son dos un cow-boy, parce que Midnight est lui-même un cow-boy. Le premier cheval cow-boy. Il galope au cul des méchants pour les rattraper et leur flanquer une bonne raclée. Ouais. Il est comme ça Midnight. Tiens. Voilà une femme de plus de cinquante pieds bientôt chassée par une publicité Colgate qui explique aux enfants pourquoi ce dentifrice est le plus fort des dentifrices. C&#8217;est important, c&#8217;est vrai, et c&#8217;est pas parce que le début de <strong>Attack of the 50 foot Woman</strong> paraissait intéressant qu&#8217;on doit oublier de se laver les dents. A ce moment du film, deux personnes dans la salle se lèvent et sortent sous les regards plein de dédain et de suffisance du reste du public: moi je crois qu&#8217;elles ont été se laver les dents. Lorsqu&#8217;elles reviennent, Groucho, le fameux, s&#8217;amuse avec deux candidats dans sa célèbre émission <strong>You Bet your Life</strong>. C&#8217;est la fête sur le plateau du Marx Brother, les dames touchent même le corps des messieurs body-buildés, c&#8217;est dire. Eh bah bravo. C&#8217;est du propre tout ça, moi qui croyais que l&#8217;Amérique de l&#8217;époque était encore un brin puritaine&#8230; Et ce n&#8217;est rien, regardez moi ces jeunes, qui se dandinent comme des cul-de-jattes épileptiques sur du twist de bas étage. Vrooooom! Oubliés. Retenez plutôt <strong>Speed Crazy</strong> et son acteur de grand talent, Nick Barrow, qui au volant de sa Austin Healey nous tient d&#8217;emblée au courant! <em>Ne me poussez pas! Tout le monde me pousse! Il ne faut pas pousser Joe! J&#8217;en ai marre qu&#8217;on me pousse!</em> Pouce! On joue plus! C&#8217;est sûrement ce qu&#8217;ont dû se dire à cet instant les trois qui sortent en enjambant les courageux survivants. C&#8217;est dommage, ils ratent le moment où Alfred Hitchcock nous explique que le film que l&#8217;on va voir se terminera par des images de filles nues. Une motivation de plus pour nous tenir éveillés.</p>
<p style="text-align: justify;">Booaaam. Quel souffle! Hitchcock a été désintégré et c&#8217;est un nuage atomique qui le remplace. Le nuage radioactif repeint le ciel et se confond avec les nuages. Ce sont ces même nuages qui sont percés par une soucoupe volante à peu près crédible. Oh mon dieu, je n&#8217;en crois pas mes yeux, ne me dites pas qu&#8217;il s&#8217;agit&#8230; eh bien si, ce sont les <strong>Teenagers from Outer Space</strong>!<strong> </strong>Interruption<strong> </strong>des programmes, Sir Alfred revient à la charge pour annoncer que finalement, ils n&#8217;ont pas eu ni le budget, ni le temps, pour tourner les scènes de filles nues. Le mec devant moi décide finalement d&#8217;abandonner, son dernier moteur à survivre étant maintenant désintégré. Il s&#8217;assoupit. Dommage pour lui, parce qu&#8217;il y en a eu des filles nues, et juste après. Même qu&#8217;une femme les a pris en photo. Je l&#8217;ai vue. Et des enfants aussi l&#8217;ont vue. Je vous jure. Ils se sont même réunis dans un petit cinéma pour venir voir les filles nues. Bien sûr que non je ne fabule pas. Je vous jure que je l&#8217;ai vue. J&#8217;ai tout vu. Même Hiroshima. Je l&#8217;ai vu. J&#8217;ai vu aussi <strong>The Lone Ranger</strong> et son fidèle copain indien Tonto, je peux donc témoigner que le masque du Lone Ranger est vraiment ridicule. La vision de ce dernier galopant en accéléré avec son pote sioux à ses côtés raccorde presque parfaitement avec le groupe de country qui chante en cœur <em>Je suis né dans le Texas, mais j&#8217;ai grandi dans le Tennessee</em>. On ne peut pas toujours faire de la bonne musique. C&#8217;est ce que l&#8217;on nous explique plus ou moins de l&#8217;histoire de celui qui a écrit je ne sais plus quelle grande chanson américaine. Ce que j&#8217;en retiens, c&#8217;est qu&#8217;au début sa femme pleure beaucoup, et qu&#8217;à la fin aussi. Peut-être pleure-t-elle parce qu&#8217;elle sort de la projection des Warner Pathé News. C&#8217;est gratiné. Sale journée. Des simulations d&#8217;attaques atomiques à New York et Washington. Y&#8217;a plus fun. L’élection de Miss America. Y&#8217;a plus fun. Le Vietnam qui vote pour la première fois en élisant son &laquo;&nbsp;président&nbsp;&raquo; à 98% des voix. Ça, par contre c&#8217;est fun. Surtout quand la voix off nasillarde des infos racole en décrétant: &laquo;&nbsp;une sacrée victoire pour la liberté!&nbsp;&raquo;, sans oublier de préciser que si vous êtes d&#8217;une âme plutôt charitable, vous devriez fortement aider le Vietnam, vous-mêmes, en envoyant des bons à l&#8217;armée américaine. Bah tiens.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/movie-orgy-2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1778" title="themovieorgy" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/movie-orgy-2-300x221.jpg" alt="" width="300" height="221" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;armée américaine. On en parle beaucoup. Parce que leur meilleur représentant <strong>Rintintin</strong> sponsorise les céréales Nasco entre deux remises de médailles. D&#8217;ailleurs, elles sont trop bien ces céréales, si tu en manges souvent jusqu&#8217;à devenir obèse, tu peux collectionner des cartes postales de l&#8217;armée américaine. Ainsi tu connaitras tout par cœur des tanks et des missiles atomiques, ça peut te servir, durant la Guerre du Golfe, quand tu seras plus grand. Si tu préfères mourir avant, petit, tu peux acheter les céréales Alphabets, tellement énormes qu&#8217;une cuillère suffit à t&#8217;étouffer. A, B, C, D-LICIOUS! Jolie chanson d&#8217;accroche, mais absolument terrifiante chantée par ces deux gamins en train de mourir face caméra à force d&#8217;avoir refait la scène où ils s&#8217;empiffrent de ces immondes et trop grosses céréales. Voilà une fille qui pleure sur Greensleeves. Rien ne m&#8217;étonne. Toutes les filles pleurent sur Greensleeves. A ce moment de l&#8217;expérience, je tiens encore le coup. Ma première crainte était d&#8217;avoir trop faim, mais les gros plans des gamins avalant leurs céréales dégueulasses ont coupé toutes ces envies. C&#8217;était trop espérer que cela dure. Parce que par contre, cette recette de sandwich avec du beurre de cacahuètes Skippy et des bananes me provoque un effet assez étonnant, un mélange d&#8217;envie subreptice de manger et d&#8217;envie de dégueuler ses tripes. Quelques personnes sortent en file indienne, il va y avoir une sacrée odeur aux toilettes. Pendant qu&#8217;ils déglutiront en pleurant au dessus de la cuvette, ils manqueront l&#8217;un des moments les plus cultes, issus du <strong>Andy Gang</strong>, animé par le pétillant Andy Devine: il s&#8217;agit un peu d&#8217;un Jacques Martin américain en un peu plus horrible. Juste un peu plus. Enfin, il est quand même capable de forcer un chat à jouer du piano et une souris à moitié desséchée à jouer du tambour. Et le pire c&#8217;est que les gamins sont hilares et se mettent même à chanter en cœur: &laquo;&nbsp;Yes, Jesus loves me!&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis l&#8217;Amérique, ce n&#8217;est pas que ça. C&#8217;est aussi des héros. C&#8217;est <strong>Superman</strong> qui vole sur un fond bleu mal détouré mais qui a la classe parce que quand il plie les barreaux de ta chambre pour rentrer et botter le cul du méchant, il repart en oubliant pas de remettre les barreaux correctement. Quant à <strong>Robin des Bois</strong>, on comprend pourquoi il met une petite toque ridicule, c&#8217;est sûrement pour cacher ses cheveux parce qu&#8217;il sponsorise un super shampooing au cholestérol! C&#8217;est le principe étonnant du shampooing qui te rend les cheveux gras. On aime bien être sales en Amérique. En témoigne cette publicité pour une baignoire géniale sur laquelle il y a un produit qui permet de ne pas changer l&#8217;eau, et de se laver dedans plusieurs fois! Il y a aussi ce savon qui sert aussi un peu de désodorisant, et qui permet à la petite bourge d&#8217;aller à son bal de promo sans prendre de douche pendant deux jours! Sympa! Une fille sort de la salle. Elle avait dû dépasser les deux jours. Les autres n&#8217;ayant pas peur des odeurs, continuent l&#8217;expérience, droits comme des i sur leurs fauteuils. Ils assistent alors entre deux leçons sur les fleurs et leur pistil à des révélations incroyables autour de Lassie: <a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/arton4572.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-1777" title="themovieorgy" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/arton4572-300x225.png" alt="" width="300" height="225" /></a>oui, Lassie<strong> </strong>est un chien fidèle dans <strong>Lassie&#8217;s Rescue Rangers</strong>. Les Rangers américains sont les meilleurs. En témoigne <strong>American Cop</strong>, qui commence même par nous le dire avec une voix qui en a dans le pantalon: <em>De tous les policiers du monde, les meilleurs des meilleurs sont les Rangers américains, car ils possèdent l&#8217;équipement le plus à la pointe par delà le monde</em>. Sauf face à un dinosaure, vu la tronche du Texas Ranger qui vient juste de se faire bouffer. The End. Quant à George Raft, il le dit lui même:<strong> I&#8217;m the Law</strong>! Lui, il est tellement balaise qu&#8217;il fait passer <strong>Les Experts</strong> de TF1 pour des amateurs. Il a quand même élucidé le mystère de l&#8217;acide sulfurique contenu dans l&#8217;eau qui tombe des tuiles par le trou dans le plafond et qui aurait donc délogé le buste de Platon de son étagère, jusqu&#8217;à tuer le mec super important qui travaillait sur son bureau juste en dessous! Qui dit mieux? Du dit &laquo;&nbsp;brave Texan&nbsp;&raquo; de <strong>Tales of the Texas Rangers</strong> jusqu&#8217;aux <strong>Green Berets</strong>, on ne peut pas dire que l&#8217;armée américaine soit pas équipé pour botter le cul des méchants. Ça. Non. D&#8217;ailleurs. Au passage. Faites un don à l&#8217;armée américaine. Faites un don à l&#8217;armée américaine. Est-ce que ça vous a plu? Vous en voulez encore? Faites un don à l&#8217;armée américaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre film démarre. Oh, un péplum, ou un mélo historique, je ne sais pas trop. <strong>Queen Esther</strong> que ça s&#8217;appelle. &laquo;&nbsp;Ma fille, tu as beau être Reine, sache que toute ta vie, il sera difficile dans ce monde d&#8217;être juive&nbsp;&raquo;. The End. Ça, ça a le mérite d&#8217;être clair. Parlons justement de religion. Dieu est un instant chef d&#8217;orchestre du monde, une énorme symphonie. Jésus essaie de descendre de sa croix mais le prieur le ré-agrafe mine de rien. Et est-ce une blague que ce monsieur judéo-chrétien qui présente un téléachat particulier, dans lequel tu peux acheter des accessoires de torture diversifiés pour être le bon judéo-chrétien, comme des fouets (les mêmes que dans la Bible!) ou bien des piloris? Ah et pour tout achat, tu reçois un poster de l&#8217;amitié judéo-chrétienne avec les Musulmans. Pour avoir l&#8217;impression d&#8217;avoir un vrai ami musulman. Un petit personnage de cartoon nous fait quitter le sujet délicat de la religion pour nous ramener à d&#8217;autres réalités: <em>Est ce que ça vous a plu? Alors vous aimerez&#8230; </em>Bam. Les tampons spéciaux menstruation douloureuse! S&#8217;en suit toute une explication détaillé du cycle féminin et de comment il faut faire pour bien positionner son tampon! Ragoûtant! Toujours mieux que le mode d&#8217;emploi imagé de comment soigner une cloque. Avec gros plans sur comment la percer correctement. Sans oublier le catalogue ultra sexy de toutes les variantes de mycoses des pieds! Hum. C&#8217;est marrant parce que justement <strong>Tarzan</strong> nous rappelle que lui, pour continuer à être le Roi de la Jungle, il suit une hygiène de vie stricte. Il a dû voir comment soigner les mycoses et les cloques. A coup sûr.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà maintenant successivement toute sorte de monstres. Il y a <strong>Tarantula</strong>, l&#8217;araignée géante, mais aussi <strong>The Amazing Colossal Man</strong>, un mec géant et chauve qui ressemble vachement à Lou Ken. Le lézard géant de <strong>The Giant Gila Monster, </strong>lui, a l&#8217;air de beaucoup terroriser les Texans, et là bizarrement, ils n&#8217;ont pas de Texas Rangers capables de lui botter le cul. Ils ont bien <strong>Wyatt Earp</strong>, mais il repart aussi vite qu&#8217;il n&#8217;arrive. Comme Joe Dante, qui rentre une première fois pour contrôler le degré d&#8217;épuration dans la salle. Il ressort sur un énième: &laquo;&nbsp;Il ne faut pas pousser Joe&nbsp;&raquo;. Il ne faut pas pousser non plus sa gamine à expliquer pourquoi elle est rentrée à trois heures du matin. Parce que très vite, on peut avoir de sacrées surprises, comme apprendre qu&#8217;elle prend des cours très particuliers avec un prof de sciences pervers. Mon dieu, que le monde fait peur. Qu&#8217;il est horrible. Heureusement que les Beatles sont là pour nous chanter des She Loves You salvateurs! Cela donne en tout cas plus d&#8217;espoir en la beauté de la vie que Elvis Presley chantant son tube Hound Dog dans les yeux d&#8217;un basset déprimé. Cela fait presque deux heures et demie qu&#8217;on est ici. Une femme sort. Le basset<a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/richardnixoncheckers.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1780" title="themovieorgy" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/richardnixoncheckers-300x222.jpg" alt="" width="300" height="222" /></a> d&#8217;Elvis a dû lui rappeler qu&#8217;il faut qu&#8217;elle aille sortir son chien. A moins que ce ne soit le documentaire <strong>Every Dog is a Gentleman </strong>ou l&#8217;extrait très canin de <strong>Return of Rusty.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Moi, je me mouche. Je ne fais que ça. Le froid qui règne à Amiens a eu raison de moi depuis des jours. Alors autant dire que je vis assez mal la publicité pour les vaporisateurs nasaux Dristan. Pendant que j&#8217;use un mouchoir de plus, entre deux explications du fonctionnement du super Hach-o-matic, <strong>The Lone Ranger</strong> et son pote Tonto arrivent au pont de Abilen. Ils auraient pu y arriver plus vite mais entre-temps ils ont rencontré les motards aux cheveux longs de <strong>Motor Psycho</strong>, qui leur ont fait une démonstration de dérapages ringards. Boom. Encore une fois. Interruption des programmes. On nous annonce les <strong>News of the President</strong>! Nixon démissionne entre deux publicités pour laxatifs. Mais pas n&#8217;importe quels laxatifs, ceux là ils n&#8217;attaquent pas l&#8217;estomac, mais seulement le bouchon! Charmant. Un autre homme politique, lui, s&#8217;explique sur ses finances, et accuse allègrement ses enfants de le corrompre en lui faisant acheter des tonnes de choses inutiles, notamment des chiens. Son interminable intervention – mais plus minable que inter – est ponctué par une annonce sur les migraines. Certaines personnes seraient plus sensibles aux migraines que d&#8217;autres. Les quatre personnes qui sortent fumer doivent en être et ils ne prennent pas Bufferin. N&#8217;oubliez pas. Prenez Bufferin! Bufferin.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus que la migraine, je crois que c&#8217;est la peur des criquets géants qui les a fait fuir. Mais comme le film s’appelait <strong>The Beginning of the End</strong>, peut être qu&#8217;ils se sont dit que c&#8217;était enfin la fin, et sont sortis un peu en avance pour éviter les bouchons. Il y avait pourtant les laxatifs pour ça. Joe Dante rentre à nouveau, il reste sur le côté, la salle est déjà quelque peu désemplie, mais beaucoup résistent tant bien que mal. On est un peu comme enfermés dans un abri anti-atomique, ce n&#8217;est donc pas pour rien si les spots de prévention sur les consignes à respecter en cas d&#8217;attaque nucléaire nous intéressent. Plus encore, elles nous font bien marrer. Nous, on est bien à l&#8217;abri. Alors forcément, entendre la voix off expliquer que <em>si les habitants de Hiroshima et Nagasaki avaient respecté ces consignes de sécurité, des morts inutiles auraient été évitées</em>, ça nous fait bien rire. Vraiment beaucoup d&#8217;humour ces américains.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière heure s&#8217;entame sur le chant dépressif du groupe The Animals qui jouent leur fameuse chanson The House of the Rising Sun dans une mise en scène vraiment visionnaire pour l&#8217;époque. Elle démarre finalement bien, cette dernière heure, surtout avec la publicité pour la Batmobile avec dedans un enfant trop ridicule déguisé en Batman nain. Cet enfant, en grandissant, sera peut être l&#8217;un des jeunes dépravés de <strong>Young Americans</strong>. Un film mieux que <strong>La Vallée du Bonheur</strong>, dixit l&#8217;annonceur, et en plus, c&#8217;est en couleur! C&#8217;est en couleur! C&#8217;est en COULEUR! Par contre, le film <strong>Le Cordonnier et les lutins</strong>, lui, n&#8217;est pas en couleur, mais puisqu&#8217;on parlait juste avant de nains, vous en trouverez tout une ribambelle dans ce petit film pour enfants! C&#8217;est un joli film qui délivre de beaux messages. On y dit un peu que les nains ne sont pas des vrais humains, et qu&#8217;on peut les exploiter allègrement en leur faisant faire tout et n&#8217;importe quoi à l&#8217;écran! Petit interlude. Un couple se court après au ralentit, une voix d&#8217;homme doucereuse commente avec tendresse les images: <em>Nous nous courrions après, nous vivions une vie d&#8217;amour comme nulle autre, nous étions libres. Puis je l&#8217;ai saisie à la taille, et nous avons roulé dans l&#8217;herbe, roulé, roulé. Et c&#8217;est là que j&#8217;ai eu un flash: j&#8217;ai su que je devais voter socialiste!</em>. C&#8217;est peut être parce qu&#8217;il y&#8217;a trop de socialistes dans son pays que <strong>The Giant Claw</strong>, un des monstres géants du cinéma les plus ratés – on dirait véritablement qu&#8217;il est passé dans un mixeur à la naissance – décide d&#8217;attaquer les villes. En tout cas, cette dernière heure lobotomise les cerveaux des spectateurs à mesure que le rythme des transitions s&#8217;accélèrent. Plus personne ne semble assimiler quelque chose. La femme de plus de cinquante pieds est mêlée avec le colosse chauve qui apprécie mal les piqures. Puis c&#8217;est au tour de Moby Dick de faire une brève apparition, au détour d&#8217;une escale maritime qui met en jeu la fameuse Créature du Lagon Noir. Les criquets continuent de semer la zizanie, Nick Barrow ne veut toujours pas qu&#8217;on le pousse. Quelques rafales d&#8217;avions poussent King Kong du haut de l&#8217;Empire State, il s&#8217;écrase dans un dernier râle. Tous les méchants monstres finissent par perdre. C&#8217;est vraiment beau l&#8217;Amérique.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/movie-orgy-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1776" title="themovieorgy" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/movie-orgy-1-300x219.jpg" alt="" width="300" height="219" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">A cet instant. Le monteur fou Joe Dante s&#8217;amuse une dernière fois. Une panoplie de &laquo;&nbsp;Bonsoir!&nbsp;&raquo; et autres &laquo;&nbsp;Au revoir, à bientôt!&nbsp;&raquo; s&#8217;enchaînent durant de longues minutes. Les &laquo;&nbsp;The End&nbsp;&raquo; prennent leur tour. La fin de <strong>The Movie Orgy</strong> devient donc officiellement la fin la plus longue de toute l&#8217;histoire du cinéma. Le petit Porky Pig de la Looney Tunes finit par un &laquo;&nbsp;That&#8217;s All Folks!&nbsp;&raquo; qui éteint à jamais le projecteur. Quelques nuls se réveillent. La lumière se rallume. Les applaudissements sont nourris, les gens sont ravis: exténués mais ravis. Lorsque l&#8217;on sort, dans le couloir on sent que tout le monde se regarde avec un sentiment de respect profond, comme une forte camaraderie: &laquo;&nbsp;On a tous vécu le Vietnam les gars, jamais je l&#8217;oublierai!&nbsp;&raquo;. La lumière du jour. On ne la verra pas. Seulement le brouillard. Tout le monde est dans le brouillard. Il est déjà demain et il faut rentrer pour dormir, car demain, le Festival continue. Et c&#8217;est pas ce satané Vietnam qui va nous arrêter. Au contraire. Ça ravive une cinéphilie. Oui. Ça ravive un cinéphile de pouvoir dire: <em>J&#8217;y étais. I survived The Movie Orgy</em>.</p>
<p align="RIGHT"><em>Joris Laquittant</em></p>
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		<title>Devil Inside</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Mar 2012 13:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Énième film qui tente de retrouver l&#8217;effroi efficace de L&#8217;Exorciste sans y parvenir, Devil Inside ne fait donc pas grand chose de plus que de tenter d&#8217;imiter. Ajoutez à cela cette mode – décidément ultra présente – du found footage, et vous avez là l&#8217;un des films les plus mauvais...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Énième film qui tente de retrouver l&#8217;effroi efficace de L&#8217;Exorciste sans y parvenir, Devil Inside ne fait donc pas grand chose de plus que de tenter d&#8217;imiter. Ajoutez à cela cette mode – décidément ultra présente – du found footage, et vous avez là l&#8217;un des films les plus mauvais de ce début d&#8217;année.</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/20052052.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120309_033609.jpg"><img class="size-medium wp-image-1760 aligncenter" title="20052052.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120309_033609" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/20052052.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120309_033609-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Sous le Soleil de Satan</strong></h3>
<p style="text-align: left;"><strong></strong>Depuis la sortie de <strong>L&#8217;Exorciste</strong> de William Friedkin en 1973, le film de possession démoniaque est devenus un sous-genre à part entière. Au delà des suites du film de 1973, moins réussies que l&#8217;originale, on peut noter notamment les excellents <strong>L&#8217;Emprise </strong>ou <strong>Possession</strong> (1981), le Carpenter <strong>Prince of Darkness </strong>(1987) ou bien sûr plus tôt encore <strong>Rosemary&#8217;s Baby</strong> (1968). Mais depuis quelques années, le genre inonde les écrans avec plusieurs films par an sur le thème. Après <strong>L&#8217;Exorcisme d&#8217;Emily Rose</strong> (2006), <strong>Le Dernier Exorcisme</strong> (2010) ou encore<strong> Le Rite</strong> (2011), c&#8217;est donc cette année <strong>Devil Inside</strong> qui vient alimenter le genre, tout en s&#8217;acoquinant la mode du found-footage déjà ultra présent sur les écrans cette année.</p>
<p align="LEFT">Je ne ferais pas encore le blâme du found-footage dans cet article, ce serait me répéter, et je vous invite donc plutôt à aller lire mes articles sur <strong><a href="http://intervistamag.com/2012/03/05/chronicle/">Chronicle</a></strong> et <strong><a href="http://intervistamag.com/2012/01/08/the-troll-hunter/">The Troll Hunter</a> </strong>pour avoir quelques précisions sur mon désaccord majeur avec la pratique, toutefois j&#8217;y apporterai par la suite un complément, car <strong>Devil Inside</strong> n&#8217;emploie pas que les codes du found-footage. Soit, nous allons donc parler plus précisément du fond, de la forme plutôt, le fond n&#8217;étant pas visible sans forage. <strong>Devil Inside </strong>raconte donc l&#8217;histoire jamais vue d&#8217;une jeune fille, Isabella, qui cherche à comprendre ce qui s&#8217;est vraiment passé la nuit où sa mère a sauvagement assassiné trois personnes lors d&#8217;une séance d&#8217;exorcisme. Elle se rend en Italie, à l&#8217;hôpital Centrino pour psychopathes où Maria, sa mère, est enfermée, pour savoir si elle est simplement déséquilibrée ou véritablement possédée par le diable. Pour soigner la démente, Isabella fait appel à deux jeunes exorcistes qui utilisent des méthodes peu orthodoxes, mêlant la science et la religion. Ils devront alors affronter le Mal absolu qui a pris possession de Maria: non pas un, mais quatre démons!</p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/pretre.jpg"><img class="size-medium wp-image-1761 aligncenter" title="pretre" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/03/pretre-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p align="LEFT">Vous l&#8217;aurez compris, rien de bien neuf sous le soleil de Satan. Les séquences de possession ne sont jamais effroyables, et le found-footage mène le plus souvent l&#8217;action à se dérouler hors-champ. Si l&#8217;on sursaute, ce n&#8217;est jamais parce que nos quatre démons nous surprennent, c&#8217;est plutôt, comme souvent, pour d&#8217;autres choses totalement anodines, tel qu&#8217;un chien qui bondit en aboyant sur un portail. Jamais choquant, jamais novateur, plus encore, sans idées, le film réutilise donc la formule &laquo;&nbsp;magique&nbsp;&raquo; déjà épuisée dans la saga <strong>Paranormal Activity</strong> dont il est volontairement le dérivé. Produit par Paramount sur le même modèle que la saga initiée par Oren Peli en 2009, <strong>Devil Inside</strong> n&#8217;a nécessité qu&#8217;un budget d&#8217;un million de dollars et devient le plus gros succès commercial de l&#8217;année 2012 (forcément) en se remboursant dès sa première projection en séance de minuit outre-Atlantique! La même formule déjà employée dans <strong>Le Dernier Exorcisme </strong>(2010), en fait véritablement des films jumeaux, dans leur nullité comme dans leur forme.</p>
<p align="LEFT">Dans <strong>Devil Inside</strong>, le found-footage est complété d&#8217;une volonté de donner au film un propos documentaire, avec des interviews bidon accompagnées de leurs jolis synthé-textes qui nous donnent les noms et fonctions des faux interviewés, complétées d&#8217;images d&#8217;archives – fausses elles aussi – qui donnent à la réalisation un aspect totalement fouillis. Jamais vraiment caméra embarquée, jamais vraiment mockumentary (documenteur), jamais non plus un film de montage d&#8217;archives, le film est un peu tout à la fois. Difficile donc de faire un article complet, analytique, tant il n&#8217;y a rien à en retirer, même pas matière à débattre, tant les procédés et les idées sont déjà épuisées jusqu&#8217;à la lie, et débattus maintes et maintes fois. Il s&#8217;agit donc de ce genre de films effervescents, qui essaient de bouillonner pendant une heure et demie et qui finissent par totalement se dissiper, pour disparaître, aussitôt consommés. On en garde rien, sinon le souvenir triste de ce billet de dix euros que nous chérissions tant. Au début du film, s&#8217;affiche sur un écran noir, <em>&nbsp;&raquo;Le Vatican n&#8217;approuve pas ce film&nbsp;&raquo;</em>: depuis cette projection, j&#8217;ai décidé de suivre la voie de la raison, et de devenir enfin évêque.</p>
<p align="RIGHT">Joris Laquittant</p>
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		<title>The Hole 3D</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2012 15:30:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joris Laquittant</dc:creator>
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		<category><![CDATA[gremlins]]></category>
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		<category><![CDATA[kirikou]]></category>
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		<description><![CDATA[Dernier film en date de Joe Dante, The Hole est aussi son premier film de cinéma réalisé sur une production indépendante d&#8217;Hollywood, où il est désormais blacklisté. Sorte d&#8217;hommage à la vague des teen-horror movies des années &#8217;80 et &#8217;90, The Hole est un film brouillon, encore inédit en France....]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dernier film en date de Joe Dante, The Hole est aussi son premier film de cinéma réalisé sur une production indépendante d&#8217;Hollywood, où il est désormais blacklisté. Sorte d&#8217;hommage à la vague des teen-horror movies des années &#8217;80 et &#8217;90, The Hole est un film brouillon, encore inédit en France.</strong></p>
<p><a href="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/01/the-hole-3d-joe-dante-critique-film.jpg"><img class="size-medium wp-image-1382 aligncenter" title="the-hole-3d-joe-dante-critique-film" src="http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2012/01/the-hole-3d-joe-dante-critique-film-300x193.jpg" alt="" width="300" height="193" /></a></p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Une carrière dans un trou noir</strong></h3>
<p>La carrière de Joe Dante est autant admirable qu&#8217;elle comporte quelques légères sorties de routes. Même si certains films de commandes comme <strong>Explorers</strong> (1985) ou <strong>Small Soldiers </strong>(1998) ne sont pas pleinement réussis, on peut facilement y déceler des thèmes chers à son auteur, et un certain charme d&#8217;époque. En ce sens, <strong>The Hole</strong> est à mon sens le premier vrai &laquo;&nbsp;film raté&nbsp;&raquo; de Joe Dante. Premier film tourné hors des rouages d&#8217;Hollywood où il a été totalement blacklisté suite aux échecs commerciaux successifs de <strong>Gremlins</strong> <strong>2</strong>:<strong> The New Batch</strong> (1990), <strong>Panic sur Florida Beach</strong> (1993), <strong>Small Soldiers</strong> (1998) et <strong>Les Looney Tunes passent à l&#8217;action</strong> (2003), Joe Dante est devenu le vilain petit canard au sein des grands studios, l&#8217;un de ces Gremlins, génies perturbateurs bannis d&#8217;Hollywood, aux côtés d&#8217;autres camarades visionnaires comme Terry Gilliam. Après avoir trouvé refuge à la télévision où il a trouvé une manière d&#8217;exprimer son politiquement incorrect, Joe Dante peine à trouver des finances pour mettre en route de nouveaux projets pour le cinéma. C&#8217;est peut être le manque de moyens de <strong>The Hole</strong> qui a contraint le talent de Joe Dante, qui est l&#8217;un de ces visionnaires fantastiques qui siéent si bien aux budgets confortables d&#8217;Hollywood.</p>
<p>Pourtant, en 2008, lorsqu&#8217;il lance le projet de <strong>The</strong> <strong>Hole</strong>, il a un gros argument sous le bras: il souhaite le tourner entièrement en 3D. Si pour l&#8217;époque, il apparaît finalement comme un précurseur – le vrai boom de la 3D ne surviendra qu&#8217;à la fin de l&#8217;année 2009 avec <strong>Avatar</strong> de James Cameron – cela a considérablement alourdi la facture, et retardé sérieusement la production du film. Qui plus est, c&#8217;est finalement le fait que le film soit en 3D qui a nui à sa distribution, et Joe Dante l&#8217;explique très bien: &nbsp;&raquo;Le film a désormais trois ans et il n&#8217;est toujours pas sorti aux États-Unis. En fait, il s&#8217;est fait complètement ensevelir par la grosse vague de la 3D convertie qui a déferlé sur Hollywood. Quand j&#8217;ai terminé le film, des tonnes de films vraiment mauvais sont sortis, tournés en 2D et convertis à la va-vite en 3D. Notre film a été totalement éclipsé par la masse de films qui sortaient, dans un premier temps, puis ensuite par le ras le bol des gens pour la 3D convertie de mauvaise qualité. Le réel problème c&#8217;est que ces films convertis sont souvent des films d&#8217;horreur, et du coup, <strong>The Hole</strong> a tout de suite été associé à cette vague, alors qu&#8217;il avait été tourné en 3D deux ans avant, et n&#8217;avait pas été regonflé pour suivre la mode!&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le film est un hommage assumé à toute cette époque s&#8217;étendant de la fin des années &#8217;80 jusqu&#8217;au milieu des années &#8217;90, qui a vu émerger tout un sous-genre du cinéma d&#8217;horreur que sont les teen-horror movies. Des adolescents, de l&#8217;horreur, voilà le cocktail quasiment répété à l&#8217;infini dans la production de genre hollywoodienne de l&#8217;époque. <strong>The Hole</strong> a un petit peu de ça, l&#8217;histoire suit un adolescent qui vient de déménager avec sa mère et son petit frère dans une petite bourgade tranquille. Alors qu&#8217;il se lie d&#8217;amitié – et plus si affinités – avec la jolie voisine, il l&#8217;embarque dans une drôle d&#8217;histoire puisqu&#8217;ils ont découvert un trou (<em>a hole</em>) sous une étrange trappe cadenassée, en plein milieu de la cave. Métaphoriquement, ce trou sans fin se révélera comme la symbolique des peurs de l&#8217;enfance d&#8217;où sortiront les matérialisations des traumatismes de chacun.</p>
<p>Joe Dante affirme que ce film n&#8217;est pas un film de commande mais bel et bien un réel film intimiste. C&#8217;est un film sur l&#8217;enfance, comme la plupart de ses films, mais qui pèche par un scénario et une intrigue peut être trop légère. Lors de son passage à Amiens, Joe Dante l&#8217;a lui même avoué: &laquo;&nbsp;Le récit était si peu consistant, finalement, que j&#8217;ai tout de suite pensé que la 3D lui donnerait un peu d&#8217;épaisseur&nbsp;&raquo;. La symbolique de ce puits qui renferme les peurs enfantines arrive si tardivement dans le film que toute la première partie décontenance par son aspect fourre-tout grotesque. On navigue d&#8217;une intrigue avec une petite fille macabre façon <strong>Ring</strong> (Hideo Nakata, 1998) qui s&#8217;avérera être la représentation de la peur de la voisine, avec des séquences avec un petit clown sordide qui prend vie – l&#8217;un des personnages d&#8217;horreur les plus intéressants du film – au carrefour d&#8217;un Gremlin et du clown de <strong>Ça – Il est revenu</strong> (Tommy Lee Wallace, 1990), métaphore de la peur du petit frère, et enfin, d&#8217;une figure horrifique de l&#8217;Ogre paternel, terreur du héros. Cette succession de sous-intrigues est un peu brouillonne, et rend le film et son scénario assez difficile à suivre. On a tellement l&#8217;impression de voir un catalogue des figures d&#8217;horreur des années &#8217;80 à &#8217;90 qu&#8217;on attend de voir le bébé tueur et le psychopathe costumé.</p>
<p>S&#8217;additionne à un scénario faiblard, le manque évident de budget technique, qui semble avoir été dilapidé uniquement dans les caméras 3D. Le film dans sa forme initiale, en relief, est totalement invisible, puisqu&#8217;il n&#8217;a quasiment jamais été montré en salles. Le reste de l&#8217;aspect technique du film a la patine d&#8217;un film de télévision tourné en numérique. Peu inspiré, la mise en scène s&#8217;enfonce dans un classicisme distant, et on ne retrouve pas l&#8217;humour de la Joe Dante touch, ni son inventivité de visionnaire. Quelques étincelles existent, mais elles ne sont même pas assez puissantes pour allumer la mèche. Alors qu&#8217;il a avoué, lors de son passage en France au Festival International du Film d&#8217;Amiens, qu&#8217;il recherchait actuellement de l&#8217;argent en Europe, nous espérons grandement que ce film de loup-garou et de vampires intitulé<strong> Monster Love </strong>qu&#8217;il essaie désespérément de monter, lui permettra enfin de retrouver son génie sarcastique et ses yeux de visionnaire enfantin et macabre à la fois.</p>
<p align="RIGHT"><em>Joris Laquittant</em></p>
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