Drive Angry 3D (Hell Driver)


Drive Angry est un film de Patrick Lussier sorti le 23 mars 2011, et réinvente le revival grindhouse en évitant le chemin montré par Tarantino et Rodriguez… et ça marche !

Nicolas Cage is back ! Ce n’est pas sans fierté et sans joie que l’on peut annoncer le retour en force du neveu de Francis Ford Coppola, protagoniste depuis quelques années de nombreux films sans succès et sans talent. On retiendra notamment Bangkok Dangerous, en 2008, ou son inénarrable prestation dans The Wicker Man, remake américain du film de la Hammer, qui est devenue culte chez tous les cinéphiles déviants. Seul Bad Lieutenant : Port of call New Orleans a fait espérer le retour de Nicolas Cage dans un rôle à la hauteur de son talent, et dans un film réussi. Le réalisateur Patrick Lussier, lui, est dans un cas similaire : responsable de daubes improbables telles que Dracula 2001 ou Meurtres à la Saint Valentin 3D, on n’attendait à vrai dire pas grand-chose de son nouveau film, mené par une tête d’affiche en déclin (relire le paragraphe précédent), un éternel second rôle et la nouvelle minette en vogue dans le cinéma d’horreur.

Jonah King, un Charles Manson du 21° siècle, a kidnappé un bébé avec l’aide de ses adeptes afin de la sacrifier lors de la prochaine pleine lune. Il se trouve que ce bébé est la petite-fille de Milton, qui va se mettre à leur poursuite, embarquant la jeune Piper avec lui. Mais le Comptable, un homme mystérieux qui se fait passer pour un agent du FBI, se met lui aussi à la poursuite de Milton…

La simple vision de Drive Angry vous enlèvera tous les doutes et toutes les craintes que vous pouvez avoir d’un tel projet. Heavy metal, nénettes à poil, des fusillades à tous les coins de rue, des répliques qui partent aussi vite que des balles de revolver. Si on ôte le fait que le film a coûté $50 millions, on pourrait le considérer comme un vrai grindhouse, plus authentique même que Machete. Nicolas Cage, tout de jean’s vêtu et avec une toute nouvelle perruque, est parfait dans le rôle de Milton, surhomme qui peut tuer six hommes sans cesser de faire l’amour. A ses côtés, une Amber Heard au top de sa forme, et en face, deux jeux d’acteurs énormes. D’un côté, William Fichtner, éternel second rôle du cinéma américain, montre son potentiel comique dans le rôle du Comptable, un comique pince-sans-rire, qui est aux limites de l’humour anglais (on aurait donné ce rôle à un John Cleese plus jeune de 20 ans, le résultat n’aurait pas été très différent). De l’autre, Billy Burke, le Josh Brolin du pauvre, dans le rôle de Jonah King, gourou cinglé d’une secte, qui adopte un look très proche d’Elvis, si ce dernier avait sombré du côté dark.

Drive Angry est un film d’action dans la plus pure tradition grindhouse, bien loin de l’ersatz de Tarantino. Un film très américain, en somme, qui ne cache pas son gros budget (d’abord la 3D, puis les effets spéciaux, explosions, etc.) mais qui jouit d’une ambiance, de décors et de personnages qui ne font pas mauvaise figure à côté de films comme Dirty Mary, Crazy Larry ou Cannonball. L’étrange couple Nicolas Cage/Amber Heard, par ailleurs, rappelle les lointains Peter Fonda et Susan George, couple vedette du film Dirty Mary, Crazy Larry, si ce n’est que Peter Fonda, lui, avait ses vrais cheveux. Le scénario du film, malgré quelques légères faiblesses dues à la confusion de l’histoire pendant une grande partie du film, est digne des films de carsploitation à la Monte Hellman, ou à la Roger Corman, qui donne dans la surenchère d’explosions et de bastons (mais qui paradoxalement, ne deviennent jamais trop lourdes).

Venons-en au sujet le plus sensible : la 3D. Pari réussi, encore une fois ! Drive Angry mentionne sur son affiche qu’il est « tourné en 3D », et ça se sent. En tant que non-défenseur de la 3D, je ne peux pas dire qu’elle apporte quelque chose d’important au film. Mais pour la première fois (à l’exception des films d’animation), j’ai été séduit par son utilisation, ayant enfin devant les yeux un « vrai » film en 3D, sans effets ratés de gonflage en post-prod. C’est limite si ça ne devrait pas donner une leçon à James Cameron.

Bien loin de ce qu’on pouvait attendre d’un tel film, Drive Angry est, de Planète Terreur à Machete, de Boulevard de la Mort à Hobo with a Shotgun, en passant par Hell Ride, le meilleur revival grindhouse jusqu’à présent. Porté par des acteurs plus en forme que jamais, une réalisation et un montage à la fois nerveux et rock’n’roll, le nouveau film de Patrick Lussier est sans aucun doute un chef-d’œuvre du film d’action.

Valentin Maniglia

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