American Samouraï


Spécialiste des nanars d’arts martiaux comme Le Ninja Blanc ou American Warrior, le réalisateur Sam Firstenberg offre un florilège de combats grotesques dans ce American Samouraï (sorti en 1992 et aussi connu sous le nom de La Loi du Samouraï) dans lequel les coups de katana s’enchaînent aussi vite que les faux raccords et les raccourcis scénaristiques.

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Ou comment à côté, le Fight Club
ressemble à un tournoi de badminton.

Il n’y a pas vraiment besoin de s’éterniser sur l’histoire d’American Samouraï, en réalité elle ressemble à s’y méprendre à l’histoire de tous les films de kung-fu basiques. En soit, il n’existe que deux variantes possibles pour les scénarios des films de ce genre : soit le héros veut venger la mort de son maître en bottant le cul un par un à tous les sbires du grand rival commanditaire de l’affreux contrat, soit il doit lutter contre un frère ennemi qui est son total opposé. Ici, il s’agit de la deuxième option. Pour la faire court, le scénario raconte l’histoire d’un américain (joué par l’inoxydable David Bradley) qui a été élevé par un Maître Samouraï. En fait l’américain était enfant, dans un avion avec ses parents, cet avion s’est écrasé dans la jungle japonaise et lui seul à survécu – idée vachement originale… Il devient donc le chouchou du Maître qui a déjà un fils, Kijuro, qui est en pleine crise identitaire. D’une jalousie névrosée, il considère – et à juste titre – que l’américain est mieux traité que lui, et quand le vieux décide de donner son sabre à son adopté amerloque ca n’arrange rien… Kijuro est « dégouté sa mère », pousse des cris de serpents – oui c’est possible – et décide pour se rebeller de devenir Yakuza. Il se coupe un doigt devant son père, fuit la maison familiale et promet de récupérer le Katana un de ces jours. Alors que l’Américain est reparti dans son pays – on ne sait pourquoi et comment – et est devenu journaliste – on ne sait pourquoi et comment non plus – il reçoit la visite de Yakuzas-ninjas surentraînés payés par son frère pour récupérer le katana. S’il parvient à leur mettre une rouste monumentale, ils réussissent toutefois à lui dérober le précieux sabre. Ni une ni deux, notre héros embarque une photographe rousse dans son affaire – alors qu’elle s’occupait de paparazzier David Hasselhoff – et ils s’envolent pour la Turquie, parce que, il faut le dire, c’est trop évident que le Japonais est là bas. 

On découvre alors que la Turquie est un pays où s’organisent des combats à morts dans des arènes, non pas à mains nues, mais à l’arme blanche. En clair, c’est en Turquie qu’on lieu les matchs de Soul Calibur II, car le film s’inspire très nettement du fameux jeu vidéo de combat. Pour re-préciser les choses, Kijuro veut forcer son demi-frère américain à participer au tournoi afin qu’il puisse s’en débarrasser. Pour ce faire il kidnappe la journaliste rousse et s’en sert comme appât. L’amerloque s’engage dans le tournoi : l’épisode qui constitue la plus grande majorité du film et qui enterre le spectateur dans une léthargie dévastatrice. Les scènes de combats sont d’un ridicule absolu. Tous les personnages des combattants sont complètement caricaturaux. Un gros bûcheron canadien qui se bat au couteau de chasse. Un Thaïlandais qui utilise sa natte de cheveux comme arme ! Un Viking avec l’armure complète, casque à cornes et hache à double tranchant… Pirate borgne avec un crochet… Les combats s’enchaînent, laissant teinter les épées en aluminium entre elles, laissant apparaître les mécanismes à étincelles par des fils bien apparents. Des séquences d’un ridicule absolu porté par des répliques d’une nullité incroyable : « Tu n’as pas d’arme toi ? Tu vas te battre avec ta quequette ?! Ahahaha ! » ou bien des pensées philosophiques samouraï d’une étonnante profondeur : « Il vaut mieux ne pas tuer plutôt que… de tuer ».

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Dans ce tournoi notre américain survole les épreuves. Il faut dire qu’il possède un sens surdéveloppé hérité de son maître super puissant. Ce même super sens qui lui permet de conclure que face au Viking avec sa hache, il n’a qu’un moyen de le déstabiliser, lui trancher les cornes du casque. S’il se lie d’amitié avec le Bûcheron Canadien, c’est d’abord pour lui faire la morale, parce que ce dernier est un peu trop sûr de lui quant à son prochain match face à un ninja aveugle. Notre héros cite alors son maître en précisant que certes, ce bonhomme est aveugle, mais ses autres sens ont dû de ce fait être totalement décuplés. La philosophie tient la route jusqu’à ce que le Bûcheron démarre son match et jette tout bêtement son couteau de chasseur dans la gueule de l’aveugle qui s’écroule inerte en moins de deux secondes. Les matchs s’enchaînent, tout ça pour conclure à un duel fratricide joué d’avance, au moins aussi prévisible que la fin de la plupart des films pourris avec Christophe Lambert. Notre américain tombe en finale contre son abruti de Yakuza de demi-frère, lui met sa marave sévère, récupère sa rousse et son pactole et part vivre sa vie tranquille au Bahamas. En gros. On retiendra une scène du film, qui m’a beaucoup fait marrer. Alors qu’ils arrivent en Turquie, notre ricain et sa rousse sont arrêtés par les autorités. Lors du contrôle, ils sont semble-t-il confondus avec des trafiquants – ce n’est pas expliqué, mais c’est ce que l’on déduit – les autorités turques fouillent les bagages de la photographe et tombe sur les clichés de la star de Alerte à Malibu, avant de s’exclamer « Quoi ?!!! David Hasselhoff est dans le coup ?!!! ».

Joris Laquittant

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