Gangland 2010, les Barbares de l’Apocalyspe

25 mai 2010, New York City. « Merde ! » : c’est ainsi que s’ouvre ce chef d’œuvre d’Art Camacho qu’est Gangland 2010, les Barbares de l’Apocalypse ! Le premier film réalisé, écrit, interprété et monté par des cascadeurs : une véritable pépite du nanar.

Ce long-métrage nous raconte les aventures de Alexis (Kathleen Kinmont), Jared (Costas Mandylor) et Derek (Sasha Mitchell) dans un « futur proche » (le film démarre le 25 mai 2010 et s’achève en juin) qui affrontent tant bien que mal les Ganglanders d’un tyran surnommé Lucifer (Vincent Klyn avec des lentilles de contact rouges et qui parodie son propre rôle dans Cyborg), après une guerre apocalyptique ayant déclenché le chaos aux États-Unis.

Lucifer (Vincent Klyn), le nouveau Dieu vivant !

Cette 3ème Guerre Mondiale a également provoqué une sorte de maladie (pire que le syndrome Ebola mixé avec la peste) qui ravage le pays d’une manière quasi-invisible, puisque durant ce chef-d’œuvre on ne rencontre que trois personnes contaminées (dont la guest star Kristanna Loken). Le nouveau Dieu vivant des États-Unis, Lucifer, cherche alors à se procurer l’antidote de cette terrible épidémie, car comme il le dit lui-même : « Chaque jour j’ai des hommes qui meurent par dizaines ! ». Effectivement, on comprend sa détresse dans un monde où les rues sont vides et où les seules personnes que l’on croise SONT des membres de son gang ! Le seul homme possédant ce vaccin est le docteur Adams (Tim Thomerson), qui vit dans une petite banlieue résidentielle d’Atlanta, Géorgie, et qui, comble de la misère, a été forcé d’installer son labo dans son séjour… Et qui également, le 8 juin 2010, décide d’apporter ses travaux à des chercheurs de Phoenix afin qu’ils développent cet antidote en quantité. Lucifer, qui se téléporte à n’importe quel point des États-Unis quand il veut alors que son seul véhicule est un quad, et ses sbires prennent alors le docteur Adams et sa famille en otage et l’obligent à créer le vaccin afin de… de… à vrai dire on ne saura jamais quel est le véritable danger, mais si Lucifer possédait le vaccin alors l’humanité serait perdue, car comme le dit le Dr. Adams à son assistant Jonathan : « Mais s’il tombe entre leurs mains, alors là… Je n’ose pas imaginer ! ». Cette réplique est suivie d’un magnifique soupir de désespoir de Jonathan.

Art Camacho, l’homme qui a commis ce film.

David DeFalco (scénariste du film) joue Damien, le frère de Lucifer (à savoir tout de même que DeFalco est caucasien et Vincent Klyn est un afro-américain : c’est ça que de laisser un cascadeur écrire). C’est un personnage très complexe, probablement gay et aimant le cuir et le latex, avec une passion pour les katanas (dont il ne se sert jamais !). Soumis à son frère, il lui obéit tout en essayant de lui tenir tête… Une relation complexe, intéressante et totalement survolée durant le film ! Au même titre que ces deux sœurs (jumelles ?) asiatiques, esclaves de Lucifer (elles lui apportent des fruits quand il est assis dans son trône… Caligula de Tinto Brass n’est pas loin), qui s’entraident pour tenir le coup et parlent de s’échapper ; malheureusement, le scénario ne leur en laissera pas le plaisir… Non, elles ne meurent pas si vous voulez tout savoir, elle disparaissent de l’histoire. Comme ça, sans raison.

Nouvelle illustration du foutoir complet qui règne dans le script : cette blonde qui sort de nulle part, sauve Jared, le héros en mauvaise posture, puis retourne dans le néant sans qu’on apprenne jamais qui elle est ni d’où elle vient. Cela nous vaudra notamment cette réplique superbe :

« -Qui es-tu ? »

« -Ça n’a pas d’importance… »

On retrouve également « Hellion » (Michael Feichtner) l’ultime soldat cloné-musclé-muet (enfin il pousse des rugissement de tigre pour être précis…) de Lucifer, et qui est, selon son créateur, « un super-homme » ! Son seul point faible : le sable dans les yeux. C’est à se demander pourquoi Lucifer a besoin du Docteur Adams pour développer le vaccin, alors qu’il est capable à lui tout seul, dans un laboratoire minable, à fabriquer un super guerrier indestructible ?!

Hellion (Michael Feichtner), le super guerrier mutant, mi-homme, mi-homme.

Pensons aussi à la pauvre Kristanna Loken qui s’est retrouvée embarqué dans cette « chiotte », uniquement pour se prendre un balle en pleine tête… Et se faire faire une piqûre, d’où cette énième incroyable réplique :

« -Aïe, ça pique ! »

« -Oui, je sais. »

Cela nous vaudra bien aussi :

« -Hé c’est rien, t’as fait un mauvais rêve. Je sais ce que tu ressens, ça m’arrive aussi de temps en temps. »

Même si ce nanar est culte en tout point, la véritable force de Gangland 2010, les Barbares de l’Apocalypse est sa scène d’ouverture, qui, aux apparences inutiles et bankable, soulève en réalité de nombreuses questions… Qui ne trouveront bien sûr aucune réponse (même après le 25 mai 2010) !

Visible ici : http://www.youtube.com/watch?v=nsXW…

L’affiche allemande du film, sans commentaires… (à noter: la tête de Thé Glacé a été collée sur le corps de… JACK BAUER. La preuve: http://www.wallfizz.com/film-tv/24-heures-chrono/490-jack-bauer-arme-dans-24-WallFizz.jpg )

Les deux seules « vraies » guest stars du film : Ice-T (NY Unité Spéciale) et Coolio (Batman et Robin) expédient donc cette introduction en n’apparaissant que quatre minutes, histoire que Art Camacho puisse dire : « On a eu des rappeurs connus ! », et qui ensuite sombrent dans l’oubli puisqu’on ne refera plus jamais allusion à leurs personnages (petit foutage de gueule puisque vous pouvez voir que l’affiche allemande ci-dessus nous fait clairement croire qu’ils sont les héros). Qui sont-ils, d’ailleurs ? Les officiers Harris et Dunn, qui patrouillent dans les rues de New York tout près du canal, dans le quartier de Chinatown (oui, toutes ces informations sont données dans la scène). Dunn ouvre alors le film avec la première et magistrale réplique de Gangland : « Merde ! ». S’ensuit alors un dialogue cultissime où les deux collègues débattent sur le destin des « infectés » qu’ils retrouvent dans les rues (Harris veut les emmener à l’hopital alors que Dunn en exécute un de sang froid avant de tripoter les nichons d’une femme inconsciente, ce qui nous vaudra d’ailleurs un des plans nichons les plus rapides de l’histoire du cinéma, battu par La Maison Hantée des Polonia Brothers dont il sera question plus tard). Ils éliminent un loubard se prétendant être « le nouveau dieu du quartier » (je vous jure que d’entendre une réplique pareille après seulement deux minutes de film, c’est dur !), et finalement Dunn exécute Harris de deux balles dans le trottoir (si vous faîtes bien attention, vous verrez que Dunn tire sur le trottoir et non sur Harris qui s’écroule pourtant quelques secondes après les coups de feu). Les renforts arrivent, Dunn invente une histoire bidon pour se justifier, et finalement, LA rencontre ultime se produit : Lucifer apparaît ! Seul, il vient narguer les forces de police sans crainte. Bizarrement, Dunn retourne sa veste et essaye de calmer le jeu, voulant la paix, nouveau dialogue culte : « Attendez, je crois que je peux discuter avec ce type… Tu vois j’avais raison, on peut discuter ! Si on peut ! Faut discuter !!! ». Lucifer l’abat d’une balle dans le dos et rétorque : « Va discuter en enfer, sale connard de flic ! ». Une magnifique fusillade démarre où tous les protagonistes tirent à environ 1m 50 de leurs ennemis sans jamais toucher personne et celle-ci se transforme alors en un sanglant et interMinable combat… Le film peut commencer !

L’officier Harris (Coolio) est chargé de protéger et servir l’ordre, mais Lucifer, malgré son nom, fait des USA le Paradis des Gangsters !

Une dernière info sur Mark Kriski (véritable présentateur de télé américain) qui joue ici son propre rôle. Il intervient régulièrement durant la première partie du film pour donner l’impression que l’état de crise est nationale (oui, pour un monde post-apocalyptique, les rues ont l’air bien tranquilles). Une seule fois, Mark se retrouve poursuivi par des Ganglanders. Cela nous vaudra cette réplique de sa part : « Sam, magne-toi ! Ils arrivent… Grouille ! ». Information importante : nous savons à présent comment se nomme son caméraman.

Vous remarquerez que je n’ai pratiquement pas parlé du trio de héros : Alexis, Jared et Derek. Et bien c’est parce qu’en réalité ce sont les personnages les plus inintéressants du film ! A part peut-être Derek qui a toujours la réplique qui tue :

« -Les canards ont l’air bien. »

« -Ouais mais t’es pas un canard ! »

Ou encore ses dernières paroles :

« -La prochaine fois, je prendrai le bus. »

(On sait maintenant d’où Grand Corps Malade tire son inspiration !)

Pour voir la bande annonce du film : http://www.youtube.com/watch?v=a2ca…

Sa présence sur Nanarland : http://www.nanarland.com/Chroniques…

Si vous aimez ce film, alors vous aimerez sûrement : Cyborg, Batman et Robin, La Maison Hantée, Terminator 3 et Battlefield Earth, Terre Champ de Bataille.

« Allons à Phoenix… »

Thibault Franquin