Roman de Gore (Chapitre 1)

Il est important de donner une vue d’ensemble des types de cinémas abordés et visés dans cette nouvelle entreprise. Bloody Fast-Food représente bien cette idée. Ce film gore (en fait, un véritable ovni !) emprunte autant à des « classiques » du genre (Bad Taste, ou plus récemment August Underground) qu’à un cinéma plus populaire, voire même des références à un certain cinéma d’auteur. Bref, un gros bordel, mais un foutoir jouissif, aussi drôle que sale. Car violent, le film l’est assurément, mais la saleté domine bien plus. Vous l’aurez donc compris, il faut avoir une sacrée paire de bollocks, un humour sans limites et être un minimum cinéphile pour tenir devant ce film. Le tournage est encore en cours, dans la région de Metz. Son côté (très, trop ?) outrant et sa durée incroyablement longue (vous n’avez même pas idée !) va en ravir plus d’un, en agacer beaucoup d’autres. Cette rubrique, propose un récit du tournage de ce film, raconté par le Director himself, Thibault Franquin. Il commencera donc par présenter son projet. Coming soon !

Premièrement, ce qu’il faut impérativement savoir sur Bloody Fast-Food : il n’est pas réalisé par Clifford Brown. Je ne m’inspire absolument pas de Eli Roth pour le réaliser. Vous ne trouverez pas dans le film des séquences pornographiques, mais vous ne trouverez pas non plus des séquences de pêche en Papouasie Nouvelle-Guinée. Les acteurs de Bloody Fast-Food n’ont pas joué dans des films avec Louise Brooks ou Robert Downey Jr. Le film ne vous aidera pas à ranger vos affaires. Le film ne raconte pas l’histoire de l’empereur Caligula ni celle de John Malkovich, même si son nom y est cité. Le film ne se déroule pas sur une île après le crash d’un avion de ligne. Shawnee Smith ne joue pas dans le film. Ce n’est pas une comédie romantique, à moins que les orteils, la bave et le vomi soient synonymes d’amour pour vous. Vous ne trouverez pas la réponse à l’ultime question et vous ne saurez pas si Kurt Cobain s’est vraiment suicidé ou pas.

Bloody Fast-Food est un long métrage gore amateur que je suis en train de réaliser depuis l’été 2006. Je rejette dans ce film absolument tout ce que j’aime dans le cinéma ou les séries télé. Ce n’est même plus un long métrage mais une saga ! Voici quelques exemples de ce qui m’influence énormément pour réaliser ce film : l’humour gore de Peter Jackson et de Sam Raimi, les dialogues de Quentin Tarantino, le montage « clipeste » de Nip/Tuck, l’entrecroisement des histoires d’un Sin City, des flash-backs à répétition comme dans un épisode de Lost, quelques manières de filmer de Gaspar Noé, le coté speed et rock’n’roll de Russ Meyer, le coté hautement plagieur (mais en plus nanar) de Bruno Mattei, Jess Franco ou Joe D’Amato, l’envie de ne rien suggérer comme dans le livre American Psycho de Bret Easton Ellis, l’humour des Nuls et des Monty Python, la sauvagerie d’un August Underground’s Mordum et le coté « fait à la maison » d’un Bagman ou Toxic Avenger.

Un de mes premiers buts était de ne m’imposer aucune limite. Même si un budget de zéro peut sembler un obstacle, en réalité : zéro producteur = liberté ! Et je peux donc faire le film que je veux, de la durée que je veux, avec la violence que je veux… Comment vous décrire ce que j’aimerais que le film soit une fois achevé ? Un patchwork interminable de séquences gores grand-guignolesques à la Braindead, directement suivis par une séquence de dialogue fleuve en noir et blanc tout droit sortie de J’ai toujours rêvé d’être Benchetrit, rythmé par de nombreuses séquences musicales montées comme des clips et entrecoupés de quelques passages ultra trash genre Irréversible… Désolé de ne m’exprimer que par références ou clins d’œil filmiques, mais entre cinéphiles je pense que c’est plus simple de se comprendre.

Sinon, l’histoire, qu’en est-elle ?

Une famille cannibale constituée de 2 grands frères et d’une petite sœur tiennent un fast-food où ils servent à leurs clients de la viande humaine. Pourquoi ? Ça sera dit dans le film.

Deux taulards s’échappent de prison et viennent braquer le fast-food pour se refaire la main. Pourquoi ? Ça sera dit dans le film.

Une jeune femme se réveille dans une pièce sale, entourée d’étranges instruments de tortures et écoute une cassette dans un dictaphone, lui annonçant que cette salle est sûrement celle où elle va mourir. Pourquoi ? Ça sera dit dans le film (ou dans Saw, sinon).

Un flamboyant golden boy et une hippie excentrique qui passent leurs journées à tuer des membres du sexe opposé semblent avoir un étrange lien avec le fast-food. Pourquoi ? Ça sera dit dans le film.

Christian Shephard a dit à John Locke de déplacer l’île. Pourquoi ? Ça ne sera pas dit dans le film !

Thibault Franquin

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